MISE À JOUR
Des dizaines de personnes sont mortes mardi dans l'accident d'un avion de ligne d'une compagnie privée de République démocratique du Congo (RDC) qui s'est écrasé peu après son décollage dans un quartier populaire de Goma (est), selon des sources aéroportuaires.
L'avion de la compagnie Hewa Bora Airways (HBA) avait une centaine de personnes à bord. Il y a six survivants, parmi lesquels le pilote et le co-pilote", a déclaré à l'AFP un agent de la tour de contrôle de l'aéroport de Kinshasa, qui centralise toutes les données envoyées par Goma.
L'avion, qui effectuait la liaison Goma-Kinshasa, s'est écrasé vers 14H30 locales (même HB), peu après son décollage. Plusieurs sources aéroportuaires, à Kinshasa comme à Goma, ont affirmé que l'accident avait fait "des dizaines de morts", de nombreux passagers étant restés piégés dans l'appareil en flammes après qu'il se fut écrasé en bout de piste, dans le quartier populaire de Birere, emportant tout sur son passage avant de s'immobiliser dans des maisons et de s'embraser.
Le nombre exact de victimes dans l'appareil et au sol n'était pas encore connu en milieu d'après-midi. "Le bilan est difficile à établir", a déclaré un responsable de la Régie des voies aériennes (RVA, en charge de la sécurité aérienne) à Goma, Thomas Oleko.
"Il y avait au départ 152 personnes sur le manifeste de bord", mais plusieurs passagers ont été "débarqués" et il devait rester quelque "85 personnes" à bord au moment du décollage, a-t-il expliqué.
Trois corps calcinés et "une soixantaine de blessés" - des habitants du quartier de Birere - ont été transportés à l'hôpital général de Goma, selon une source hospitalière. Près de l'épave calcinée de l'avion, un DC9 affrété par la compagnie Hewa Bora, un correspondant de l'AFP a vu cinq survivants, deux Congolais avec un bébé et deux occidentaux, pris en charge par les secours.
Selon le témoignage d'un rescapé rapporté par la radio Okapi, parrainée par l'ONU, "un pneu a éclaté" pendant le décollage, alors que l'avion avait déjà pris beaucoup de vitesse. Le pilote aurait tenté de freiner, mais aurait perdu le contrôle de l'appareil. Le rescapé a affirmé à la radio avoir trouvé "une ouverture" et avoir sauté sur les décombres d'une maison, que l'avion venait d'écraser.
En milieu d'après-midi, en dépit des efforts des pompiers de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC), il ne restait presque rien de l'avion, dont seul l'avant était encore reconnaissable. Les ailes ont été arrachées dans l'accident, le ventre et la queue totalement détruits par les frottements lors du freinage et l'incendie, déclaré à l'arrière de l'appareil.
Dans un paysage cauchemardesque, au milieu des gravats et de maisons en ruine parcourus par les secours (MONUC, Croix-Rouge), persistait une forte odeur de brûlé et de carburant.
Ce drame survient moins de six mois après un terrible accident d'avion à Kinshasa, où un Antonov An-26 d'une compagnie privée congolaise s'était écrasé le 4 octobre dans un quartier populaire de Kimbanseke, dans la banlieue est de la capitale, faisant au moins 50 morts et 32 blessés.
Le ministre des Transports avait alors été limogé pour "incompétence", mais aucune mesure concrète n'a été prise pour une réforme en profondeur du secteur aéronautique en RDC, dont la flotte est essentiellement composée de vieux avions de fabrication soviétique volant souvent en violation des règles de l'aviation civile et à l'origine de dizaines d'accidents meurtriers ces dernières années.
Toutes les compagnies aériennes congolaises - une cinquantaine identifiées - figurent sur la liste noire de l'Union européenne, qui leur a interdit son espace aérien. Hewa Bora, propriétaire de l'avion accidenté mardi à Goma, a été rajoutée à cette liste la semaine dernière, même si elle n'effectue plus de liaison commerciale régulière entre Kinshasa et Bruxelles depuis le mois de juillet 2007, à la suite de l'immobilisation de son Boeing 767 à Brussels Airport pour des problèmes de réacteur. (belga)


