157 blessés dans des violences post-électorales au Zimbabwe
Une association indépendante de médecins zimbabwéens a affirmé mercredi que ses membres avaient soigné 157 personnes blessées dans le cadre de "violences organisées ou de tortures" depuis les élections générales du 29 mars.
"Depuis les élections du 29 mars et jusqu'au 14 avril, les membres de l'Association zimbabwéenne des médecins pour les droits de l'Homme (ZADHR) ont soigné 157 cas de blessures résultant de violences organisées ou de tortures", selon un communiqué de l'association. A la mi-journée mardi, "trente de ces patients restaient hospitalisés", dont 15 originaires de Mudzi, à 200 km au nord-est de Harare, a précisé l'association.
"La blessure la plus courante consiste en d'importantes meurtrissures sur les fesses. Elle résulte de coups prolongés assénés par un objet contondant", selon la ZADHR, association représentée dans tout le pays. "Un tiers des patients sont des femmes, dont une adolescente de 15 ans enlevée avec sa mère à son domicile qui a été forcée de se coucher sur le ventre et battue sur les fesses", ajoute la ZADHR.
"Un homme souffre d'écorchures sur le dos et a les deux radius, un cubitus et deux os métacarpiens brisés à la main droite. Ces blessures sont typiques d'une posture de défense et sont causées quand la victime lève les mains et les bras pour protéger son visage et le haut de son corps d'une agression", a expliqué l'association.
"Certaines personnes souffrent de blessures qui peuvent déboucher sur un handicap permanent", a souligné la ZADHR, qui appelle "tous les partis politiques à cesser de faire usage de l'intimidation comme forme de représailles ou de victimisation".
La situation est très tendue au Zimbabwe depuis les élections générales du 29 mars. Dans l'attente des résultats de la présidentielle, toujours inconnus 18 jours après le scrutin, pouvoir et opposition s'accusent mutuellement de vouloir semer le chaos. Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition) a notamment accusé les partisans du président Robert Mugabe d'avoir tué deux de ses militants. La police a confirmé l'un des meurtres mais assuré qu'il n'avait pas de motif politique.