La chambre haute du parlement bosniaque a entériné mercredi la réforme de la police, réclamée par Bruxelles depuis plusieurs années, faisant ainsi disparaître le dernier obstacle à la signature d'un accord de rapprochement avec l'Union européenne.
La chambre haute a adopté les deux projets de loi visant à placer à terme sous une direction commune les forces de police ethniquement divisées du pays, par dix voix pour et quatre contre. Un élu était absent. Ce vote était considéré comme une formalité, après l'adoption de ces mêmes lois par la chambre basse, le 10 février.
Bruxelles avait fait de cette réforme la principale condition à la signature d'un accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Bosnie, premier pas sur le long chemin vers l'intégration à part entière dans l'Union européenne. Le lendemain du vote à la chambre basse, la présidence slovène de l'UE avait réagi en souhaitant la signature "aussi vite que possible" de l'ASA.
Division
Depuis la fin de la guerre intercommunautaire (1992-1995), la Bosnie est divisée en deux entités, la Republika Srpska (RS, Serbes) et la Fédération croato-musulmane, unies par de faibles institutions centrales. Ces entités disposent chacune de leur propre force de police. Initialement, Bruxelles souhaitait l'unification immédiate des structures policières des deux entités.
Mais sur la base des lois adoptées, la Bosnie se dotera en fait de sept nouvelles agences et institutions policières au niveau central, dont une "direction" visant à coordonner les polices des deux entités. La nouvelle législation entrera en vigueur un an après l'adoption d'une nouvelle Constitution, sur laquelle les débats doivent commencer prochainement.
Contestations
D'ici là, l'autonomie des polices des deux entités ne sera pas affectée. Le principal parti musulman (SDA, nationaliste) et le Parti social-démocrate (opposition, multi-ethnique) ont voté contre en dénonçant l'insuffisance à leurs yeux de cette réforme. Le parti nationaliste serbe (SDS, opposition) a aussi voté contre en estimant à l'inverse qu'elle entamait l'autonomie de la RS.
Les politiciens serbes bosniaques qui, durant les négociations sur ces lois, ont farouchement rejeté l'abolition de la police de leur entité, se sont déjà félicités après le vote à la chambre basse. "La police et le ministère de l'Intérieur de la RS continuent leur travail (...) avec les mêmes responsabilités, comme jusqu'à présent", avait souligné le président du parlement serbe bosniaque, Igor Radojicic. (belga)
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