Le président du groupe sud-coréen Samsung, Lee Kun-Hee, a été inculpé jeudi pour abus de confiance et évasion fiscale dans le cadre d'une affaire de corruption et de fonds secrets présumés, ont annoncé les procureurs en charge du dossier.
M. Lee, 66 ans, restera en liberté jusqu'à la tenue du procès, de même que ses neuf coinculpés. M. Lee est soupçonné par la justice d'un transfert de pouvoir illégal à son fils et héritier, Lee Jae-Yong, également dirigeant au sein de Samsung. Une commission d'enquête indépendante a été constituée en janvier après un vote du Parlement à la suite d'informations données par l'ancien responsable juridique du groupe selon lesquelles Samsung aurait créé un fonds secret de 197 millions de dollars pour faciliter la complaisance de membres du gouvernement et d'hommes politiques.
Peu après l'annonce de l'inculpation de son président, le groupe a annoncé dans un communiqué qu'il envisageait une série de réformes au sein de la société. "Considérant l'enquête des procureurs spéciaux comme un nouveau départ, Samsung s'apprête à instaurer des réformes (...)", a indiqué le groupe. Le lobby des grands conglomérats familiaux -les chaebols-, au centre d'un énorme scandale politico-financier il y a quelques années en Corée du Sud, était récemment intervenu en se prononçant pour une fin rapide de l'enquête.
L'enquête est perçue comme un test de la détermination des autorités à combattre de présumées pratiques occultes de la part de conglomérats dominés par de grandes familles. Les actifs de Samsung sont estimés à 280,8 milliards de dollars et ses ventes à l'étranger ont représenté 66,3 milliards de dollars l'an dernier, plus de 20% des exportations totales de la Corée du Sud. (belga)


