L'ex-président Carter rencontre le Hamas au Caire

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Par: rédaction
17/04/08 - 19h50
L'ancien président américain Jimmy Carter et le président égyptien Hosni Moubarak.

L'ancien président américain Jimmy Carter, en tournée au Moyen-Orient, a rencontré jeudi au Caire des responsables du mouvement palestinien Hamas, malgré les critiques d'Israël et des Etats-Unis.

Arrivé mercredi en provenance de Tel-Aviv, M. Carter, prix Nobel de la paix en 2002, s'est entretenu dans un hôtel de la capitale égyptienne, sous haute sécurité, avec Mahmoud Zahar et Saïd Siam, tenants de la ligne dure du Hamas, venus de la bande de Gaza. Les Etats-Unis et Israël, considérant le Hamas comme une organisation terroriste, avaient critiqué l'intention de M. Carter de rencontrer ce mouvement, et la Maison Blanche avait souligné que l'ex-président agissait à titre personnel.

Elle a d'ailleurs réaffirmé jeudi que les entretiens engagés au Caire par Jimmy Carter avec le Hamas n'étaient "pas utiles". "Comme tout le monde peut le voir à la lumière des récentes violences à Gaza, le Hamas est une organisation terroriste", a dit un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe. Jimmy Carter est un homme "bien disposé, et nous avons besoin de ça", a déclaré Ibrahim al-Darrawy, le coordinateur du mouvement palestinien au Caire, avant le début des entretiens du Caire.

D'après M. Darrawy, ses interlocuteurs devaient l'informer de "la situation dans la bande de Gaza et lui dire que le Hamas est un mouvement de libération nationale". Après le Caire, M. Carter, artisan du traité de paix signé entre l'Egypte et Israël en 1979, doit se rendre à Damas pour une entrevue controversée, prévue vendredi, avec le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, malgré les vives critiques d'Israël et de responsables américains.

L'ancien président américain, qui effectue une tournée régionale dans l'optique de soutenir les efforts de paix, a affirmé mardi qu'il avait été empêché par les autorités israéliennes de se rendre dans la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas. Au début de sa tournée, en Israël, M. Carter, qui affirme ne pas agir en médiateur, avait appelé au dialogue avec le Hamas et la Syrie, jugeant difficile de conclure sans ces derniers la paix au Proche-Orient.

La délégation du Hamas doit aussi discuter avec le chef des renseignements égyptiens, Omar Souleimane, d'une éventuelle trêve avec Israël, de la réouverture du point de passage de Rafah entre Gaza et l'Egypte, ainsi que du sort du soldat israélien Gilad Shalit enlevé en juin 2006 par un commando palestinien à la lisière entre Gaza et Israël. Avant de rencontrer les dirigeants du Hamas, Jimmy Carter avait déjeuné avec le président égyptien Hosni Moubarak dont le pays déploie des efforts en vue d'une trêve entre Israël et le Hamas, au pouvoir à Gaza depuis juin 2007 après en avoir chassé les forces fidèles au Fatah du président Mahmoud Abbas.

Cependant les chances de conclure une telle trêve ont été réduites par les nouvelles violences dans la bande de Gaza, où 18 Palestiniens en majorité des civils, et trois soldats israéliens ont péri mercredi. A son arrivée en Egypte, M. Zahar avait déclaré que "le président Carter peut briser toutes les restrictions israéliennes qu'ils veulent mettre entre lui et le Hamas. Nous et nos frères à Damas sommes déterminés à le rencontrer". Après la Syrie, M. Carter doit se rendre en Jordanie et en Arabie saoudite. (belga)

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