Le président zimbabwéen revient sur le devant de la scène

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Par: rédaction
18/04/08 - 08h27
Thabo Mbeki et Robert Mugabe.

Le chef de l'Etat zimbabwéen Robert Mugabe devrait prononcer vendredi son premier discours depuis les élections générales du 29 mars à l'occasion du 28e anniversaire de l'indépendance, célébré dans un climat de crise sans précédent.

Le président Mugabe, 84 ans, arrivé au pouvoir en 1980 à l'indépendance de l'ex-Rhodésie du Sud britannique, devrait s'adresser au pays depuis le stade de Highfield. Cette banlieue de Harare fut l'un des bastions du mouvement nationaliste noir. Ce discours intervient alors que le Zimbabwe traverse une très mauvaise passe. Sur le plan économique, le marasme est chaque jour plus visible, avec une hyperinflation qui frôle les 165.000%.

Violences
Sur la scène politique, l'ambiance est plus que délétère. Près de trois semaines après les élections, le pays ignore toujours l'issue de la présidentielle entre Mugabe et son rival Morgan Tsvangirai, 56 ans, chef du parti d'opposition Mouvement pour le changement démocratique (MDC). M. Tsvangirai a récusé jeudi le président sud-africain Thabo Mbeki comme médiateur et a réclamé des tribunaux spéciaux pour juger les auteurs de violences politiques.

"Actuellement, des gens sont assassinés, des maisons brûlées, des enfants molestés et des femmes violées", a dénoncé le leader du MDC. Dans ce cadre, Thabo Mbeki, dont le mandat de médiateur au Zimbabwe a été renouvelé ce week-end par ses pairs d'Afrique australe, doit être "relevé de ses fonctions", a ajouté M. Tsvangirai.

Urgence
"Nous ne pouvons attendre une semaine de plus. Nous avons besoin d'un envoyé ou d'un comité spécial (...) qui vienne immédiatement au Zimbabwe et gère le problème", a-t-il poursuivi. Thabo Mbeki, souvent mis en cause pour sa "diplomatie discrète" envers le Zimbabwe, s'est toujours refusé à critiquer ouvertement le président Robert Mugabe, malgré le marasme économique et de graves violations des droits de l'Homme. Samedi dernier, il a encore assuré qu'il n'y avait "pas de crise au Zimbabwe".

L'absence de publication des résultats de la présidentielle et l'incertitude sur les législatives - officiellement remportées par l'opposition mais qui vont faire l'objet d'un recomptage partiel samedi - nourrit les tensions. Dans ce contexte, le président Mugabe devrait disserter sur un de ses thèmes favoris: la souveraineté du pays.

Colonialisme
Jeudi, il a déjà appelé ses concitoyens à défendre le pays contre "l'impérialisme britannique qui est en train de se tracer un chemin, subrepticement et clandestinement, dans notre société". Le pouvoir dénonce régulièrement des ingérences de l'étranger, et particulièrement de la Grande-Bretagne, accusée de vouloir "recoloniser" le pays et de se servir du MDC pour parvenir à ses fins.

Tsvangirai, qui ne participera pas aux célébrations, a d'ailleurs été accusé jeudi par le régime de comploter avec Londres pour renverser militairement Mugabe. Le chef du MDC a estimé que le Zimbabwe allait vivre "le plus triste des anniversaires de l'indépendance" et a accusé le régime de s'être lancé dans une campagne de représailles et d'intimidation.

L'ambassadeur américain à Harare, dans un message adressé au pays pour les 28 ans de son indépendance, a également mentionné "des informations troublantes et confirmées de menaces, coups, enlèvements, maisons incendiées et même de meurtres".

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