L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch a exhorté lundi l'Arabie saoudite à mettre fin au système qui interdit aux femmes de travailler, voyager, se marier ou avoir accès aux services médicaux sans l'autorisation d'un membre mâle de la famille.
Système discriminatoire
"Human Rights Watch appelle l'Arabie saoudite à prendre des mesures immédiates pour s'atteler aux violations des droits de l'Homme résultant de la politique de tutelle masculine", indique dans un rapport l'organisation basée à New York. "Le gouvernement saoudien devrait respecter ses obligations internationales et faire disparaître ce système extrêmement discriminatoire", indique HRW.
Pour l'organisation, ces politiques de tutelle et de ségrégation sexuelle dans le royaume ultra-conservateur privent les femmes de leurs droits les plus élémentaires. "Souvent, les femmes saoudiennes doivent obtenir la permission d'un gardien, un père, un mari, ou même un fils, pour travailler, voyager, étudier, se marier ou même avoir accès aux services médicaux", indique le rapport.
Les autorités "traitent les femmes comme des mineurs" incapables de prendre des décisions pour leur enfant, même insignifiantes, sans une permission écrite du père de l'enfant. HRW souligne par ailleurs que certains responsables ne suivent pas toujours les récentes consignes données par le gouvernement visant à limiter cette dépendance.
"Malgré des consignes nationales, certains hôpitaux réclament la permission d'un gardien pour autoriser les femmes à être admises, accepter des actes médicaux pour elles-mêmes ou leurs enfants, ou être autorisées à quitter l'établissement", indique l'organisation.
Autorisation pour voyager
Malgré une décision du ministère de l'Intérieur autorisant les femmes de plus de 45 ans à voyager sans permission, "des responsables aéroportuaires continuent à demander à toutes les femmes une preuve écrite de leur gardien les autorisant à voyager". Selon HRW, les femmes continuent également à avoir des problèmes pour déposer plainte ou être entendue devant un tribunal sans un représentant juridique.
L'Arabie n'a pas établi d'âge minimum pour la responsabilité pénale des filles, mais les autorités jugent généralement la puberté comme le point de départ pour les traiter comme des adultes.
"C'est incroyable que le gouvernement saoudien nie aux femmes adultes le droit de prendre des décisions pour elles-mêmes, mais qu'il les tienne responsables de leurs actions, dès la puberté, d'un point de vue pénal", indique Farida Deif, la responsable du droit des femmes d'HRW pour le Moyen-Orient. "Pour les femmes saoudiennes, le fait de devenir adulte ne procure aucun droit, que des responsabilités", ajoute-t-elle.
En déniant aux femmes leurs droits élémentaires, l'Arabie saoudite "n'ignore pas seulement le droit international mais également des éléments de la tradition juridique islamique qui soutient l'égalité et l'entière capacité juridique des femmes", souligne HRW. (afp)


