La Commission européenne débloque 117 millions pour la crise alimentaire
La Commission européenne s'est engagée ce mardi à fournir une nouvelle aide alimentaire de 117,25 millions d'euros pour venir en aide aux plus démunis, frappés par les effets désastreux de la flambée des prix des aliments.
La nouvelle aide proposée de 117,25 millions, tirée de fonds européens, portera à 283,25 millions l'aide alimentaire totale promise jusqu'à présent en 2008 par la Commission.
Dans une intervention devant le Parlement européen, le commissaire à l'aide humanitaire, Louis Michel, s'est inquiété ce mardi de l'augmentation soutenue des prix des denrées alimentaires. "Depuis 2000, les prix en dollars du blé ont triplé, ceux du riz et du maïs ont doublé et le début de l'année 2008 correspond à une nouvelle augmentation de 20%", a-t-il noté. "Quand vous vivez avec moins de un dollar par jour et que vous consacrez l'essentiel de vos revenus à l'alimentation, de telles hausses sont tout simplement insupportables". Pour le commissaire, "l'ère de l'alimentation à bas prix sur le marché international est révolue. Les prix des produits alimentaires ne reviendront pas à leur niveau d'antan et leur volatilité risque d'augmenter si des mesures ne sont pas prises rapidement".
Dans ce contexte, la Commission se propose d'agir à court terme, via l'aide humanitaire, tout en soulignant que "la plus grande erreur à faire serait en effet de donner à un problème structurel une réponse humanitaire". A long-terme, "la seule réponse qui vaille, c'est de tout faire pour assurer une réponse de l'offre agricole", selon M. Michel, qui prône notamment une "révolution verte" en Afrique. "L'agriculture africaine est à ce jour la moins productive au monde, mais elle présente un énorme potentiel de développement à condition que des politiques en faveur des petits exploitants familiaux soient menées dans la durée et que priorité soit donnée aux investissements, à l'accroissement de la productivité et à la facilitation de l'accès du monde paysan aux marchés nationaux et régionaux", a-t-il dit.
Le commissaire a enfin brièvement évoqué les causes de la flambée des prix agricoles, qui sont selon lui "multiples et complexes". Il a mentionné la hausse de la demande mondiale, les prix pétroliers, ainsi que "les "problèmes du côté de l'offre à cause des conséquences du changement climatique".
Il n'a par contre pas cité explicitement la problématique des biocarburants, comme il l'avait fait la semaine dernière devant le parlement belge. Selon la ligne officielle de la Commission, les carburants agricoles ne sont en effet qu'un facteur mineur de la hausse des prix alimentaires. (belga)