Le bureau du procureur général de Colombie a annoncé ce mardi avoir ordonné l'arrestation de l'ancien président du Sénat colombien Mario Uribe, un cousin du chef de l'Etat Alvaro Uribe, pour liens présumés avec des groupes paramilitaires d'extrême droite.
Un procureur délégué auprès de la Cour suprême de justice a découvert suffisamment d'indices sur des liens présumés avec des groupes paramilitaires et des irrégularités dans l'achat de terres à ces milices d'extrême droite pour décider la détention préventive de Mario Uribe.
Mario Uribe, qui est très lié avec le président, a annoncé à la presse qu'il se livrerait dans les prochaines heures aux autorités au siège du Parquet à Bogota. Cependant, l'avocat de Mario Uribe, Jose de Carmen Ortega, a déclaré à radio Caracol que l'ancien président du Sénat se trouvait à l'ambassade du Costa Rica "pour demander l'asile politique", sans donner plus de détails.
Mario Uribe, ancien dirigeant du parti présidentiel Colombie démocratique, a renoncé à sa fonction en octobre lorsqu'il a été impliqué dans une enquête de la Cour suprême de justice contre des membres du Congrès colombien et des hommes politiques accusés de liens avec les groupes paramilitaires.
L'un des principaux témoins à charge contre Mario Uribe est Jairo Castillo (alias "Pitirri"), un ancien paramilitaire réfugié aux Etats-Unis, qui affirme que le cousin du président a rencontré à plusieurs reprises des chefs des Autodéfenses unies de Colombie (AUC, fédération des groupes paramilitaires) pour qu'ils l'aident à s'approprier des terres dans le nord et le nord-ouest du pays.
Dans le dossier de ce qu'on appelle la "para-politique" en Colombie, 62 hommes politiques sont impliqués à divers degrés, dont 32 membres actuels ou anciens du Congrès déjà emprisonnés pour avoir eu des liens avec ces milices accusées d'avoir tué des milliers de paysans et de s'être emparés de leurs terres. Parmi les personnalités impliquées figure aussi l'actuelle présidente du Congrès, Nancy Gutierrez. (belga)


