Morgan Tsvangirai.
Le chef de l'opposition zimbabwéenne, Morgan Tsvangirai, est attendu mercredi matin à Maputo, a annoncé la Résistance nationale du Mozambique (Renamo), ancienne rébellion devenue principal parti d'opposition.
"Le président du MDC (Mouvement pour le changement démocratique) doit arriver tôt mercredi matin à Maputo et sera accueilli à l'aéroport par le président de la Renamo, Afonso Dhlakama", a déclaré le porte-parole de la Renamo, Fernando Mazanga. Au cours de sa visite, Tsvangirai doit s'entretenir avec l'actuel président mozambicain Armando Guebuza et avec l'ancien chef de l'Etat Joaquim Chissano.
Résultats inconnus
Tsvangirai, qui se trouve depuis plus de deux semaines à l'étranger après avoir revendiqué la victoire à la présidentielle du 29 mars face au chef de l'Etat Robert Mugabe, a déclaré mardi qu'il rentrerait au Zimbabwe "au moment opportun". "Je n'ai commis aucun crime. Je vais retourner au Zimbabwe", a assuré le chef du MDC. Tsvangirai et le numéro deux du MDC, Tendai Biti, également à l'étranger, risquent d'être arrêtés pour trahison s'ils rentrent au Zimbabwe.
Plus de trois semaines après le scrutin, l'issue de la présidentielle, qui a opposé notamment le président Mugabe, 84 ans dont 28 au pouvoir, à Tsvangirai, 56 ans, reste inconnue. L'absence de publication des résultats du scrutin et l'incertitude sur les législatives --officiellement remportées par l'opposition mais qui font l'objet d'un nouveau comptage partiel depuis le 19 avril-- alimente les tensions.
Intervention internationale
Les appels à une intervention internationale pour désamorcer la crise post-électorale se sont multipliés mardi, des responsables religieux allant jusqu'à affirmer que les violences risquaient d'atteindre des proportions génocidaires. Alors que la polémique sur l'éventuelle livraison d'armes chinoises à Harare se poursuivait, Pékin a défendu son droit de vendre du matériel militaire au régime de Robert Mugabe, tout en laissant entendre que la livraison pourrait être annulée.
L'opposition, qui affirme que dix de ses membres ont été tués par des milices pro-gouvernementales, réclame une intervention de l'ONU et de l'Union africaine (UA). Les leaders religieux de diverses confessions ont aussi appelé mardi la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC), l'UA et les Nations unies à tout tenter "pour mettre fin à la détérioration de la situation politique et sécuritaire au Zimbabwe".
Génocide
"Nous avertissons le monde que si rien n'est fait pour aider le peuple du Zimbabwe dans la situation difficile dans laquelle il se trouve, nous serons bientôt les témoins d'un génocide similaire à ceux qui ont eu lieu au Kenya, au Rwanda, au Burundi et dans d'autres lieux d'Afrique et du monde", ont-ils déclaré.
Le porte-parole du parti au pouvoir au Zimbabwe et ministre de la Justice, Patrick Chinamasa, a jugé l'utilisation du terme génocide infondée: "Un génocide, ce sont des meurtres de masse à grande échelle (...) Il n'y pas de génocide dans ce pays, la loi est respectée". Il a ironisé sur les "mensonges" de l'opposition qui ne visent selon lui qu'à "s'assurer d'une intervention internationale dans les affaires intérieures du Zimbabwe".
Mardi, le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a sensiblement haussé le ton, réclamant la publication des résultats "dès que possible". "Il est inacceptable que les résultats de l'élection présidentielle au Zimbabwe n'aient toujours pas été annoncés, trois semaines après l'élection", a-t-il déclaré.


