Le Pakistan prépare un projet d'accord de paix avec ses talibans

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Par: rédaction
23/04/08 - 15h45
Asif Ali Zardari, veuf de Benazir Bhutto et Nawaz Sharif, membres de la coalition gouvernementale pakistanaise.

Le nouveau gouvernement du Pakistan prépare un projet d'accord de paix avec les talibans pakistanais, dont certains proches d'Al-Qaïda, très actifs dans les zones tribales du nord-ouest et responsables d'une vague meurtrière d'attentats, a-t-on appris de sources officielles mercredi.

Mais Washington, principal bailleur de fonds et d'armes du Pakistan, ainsi que l'Union européenne, ont répété ces derniers jours qu'ils n'admettraient pas des négociations avec des membres d'Al-Qaïda, ni avec des talibans qui franchiraient la frontière pour combattre leurs troupes en Afghanistan.

Pourparlers
L'ancienne opposition au président Pervez Musharraf a remporté les législatives du 18 février dernier et, dès la formation d'un gouvernement de coalition début avril, elle a lancé des pourparlers avec certains combattants islamistes des zones frontalières avec l'Afghanistan.

Trêve
Le nouveau gouvernement espère ainsi infléchir la stratégie de l'offensive militaire qu'avait finalement privilégiée ces derniers temps le président Musharraf, l'un des alliés-clés, dans sa "guerre contre le terrorisme", de Washington qui considère qu'Al-Qaïda et les talibans afghans ont reconstitué leurs forces dans les zones tribales pakistanaises. Islamabad espère ainsi prolonger la trêve relative que connaît le pays depuis les législatives dans la vague d'attentats, pour la plupart suicide, qui avait fait plus de 1.070 morts en 15 mois.

"Nous progressons rapidement vers un accord de paix avec le Mouvement des Talibans du Pakistan (Tehreek-e-Taliban Pakistan)", a déclaré un haut responsable des services de sécurité, sous couvert de l'anonymat, invoquant des "négociations indirectes".

Le principal porte-parole du Mouvement des Talibans du Pakistan, le maulvi Omar, a confirmé à l'AFP par téléphone que "des négociations étaient en cours avec le gouvernement". "Selon le projet d'accord, les deux parties ne se livreront plus de combats, les militaires se retireront de certaines zones et les combattants islamistes cesseront d'attaquer l'armée", a ajouté le haut responsable des services de sécurité. "Des étapes importantes ont été franchies, les deux parties ont accepté la plupart des demandes de l'autre, nous espérons une annonce positive dans quelques jours", a commenté le maulvi Omar.

Washington mécontent
Des accords de paix avec les mêmes tribus fondamentalistes sous le gouvernement fidèle à M. Musharraf avaient été rompus en 2007 et avaient abouti au renforcement des bases arrières d'Al-Qaïda et des talibans afghans dans les zones tribales, n'a de cesse de rappeler ces derniers jours Washington, qui voit d'un mauvais oeil ces nouvelles négociations.

Al-Qaïda
Or, le Mouvement des Talibans du Pakistan est dirigé par le chef de tribu Baïtullah Mehsud, qui a fait allégeance à Al-Qaïda et est recherché par les autorités depuis qu'il a été formellement accusé d'être responsable de la vague d'attentats récents, en particulier celui qui a coûté la vie à l'ex-Premier ministre Benazir Bhutto le 27 décembre. Le parti de la défunte dirige aujourd'hui le gouvernement de coalition, contraint à une cohabitation conflictuelle avec le président Musharraf.

L'Union européenne, premier partenaire commercial du Pakistan, a rappelé mardi, par la voie de son diplomate en chef Javier Solana, qu'elle ne tolérerait pas non plus que les négociations de paix englobent des groupes liés à Al-Qaïda. (belga)

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