Le Sri Lanka a connu mercredi ses combats les plus meurtriers depuis un an et demi, qui ont fait des dizaines de tués, selon les différents bilans d'une violente offensive de l'armée repoussée par les rebelles séparatistes tamouls dans le nord de l'île.
Les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont affirmé avoir tué au moins 100 soldats sri lankais, tandis que l'armée a déclaré que plus de 100 rebelles tamouls étaient morts durant les violents accrochages. Les rebelles n'ont reconnu avoir perdu que 16 combattants, tandis que le ministère srilankais de la Défense -fait rarissime- a admis la perte de 43 soldats, 33 autres étant portés disparus, sur la péninsule septentrionale de Jaffna.
Des sites internet favorables aux insurgés ont en tout cas publié des photos de cadavres qu'ils présentent comme ceux de soldats gouvernementaux, tandis que l'armée de l'air évacuait vers Colombo des dizaines d'officiers blessés. Il s'agit de toute façon des plus lourdes pertes en une seule journée pour les troupes du Sri Lanka depuis une débâcle en octobre 2006 dans la même région de Jaffna.
A l'époque, cette offensive ratée avait coûté la vie à 129 soldats, en avait blessé 515 autres et les autorités avaient revendiqué la mort de 200 Tigres tamouls. Les deux camps s'affrontent tous les jours dans le nord du Sri Lanka --dont une partie forme un mini-Etat contrôlé de facto par la guérilla-- et ils fournissent en général des informations contradictoires sur leurs combats.
Invérifiables
Les bilans sont jugés fantaisistes et sont invérifiables de sources indépendantes, le gouvernement bloquant tout accès aux lignes de front. Ainsi, Colombo évalue la totalité des forces rebelles à 3.000 hommes, mais il affirme en avoir tué 3.025 depuis le 1er janvier et n'avoir perdu que 218 soldats au cours de la même période.
Indépendant depuis le 4 février 1948, l'ex-Ceylan peuplé de 20 millions d'habitants s'enlise dans le plus vieux conflit en cours en Asie, une guerre où alternent phases de combats, attentats et périodes d'accalmie. Depuis 1972, les Tigres tamouls se battent pour l'indépendance du nord et du nord-est du pays. Entre 60.000 et 70.000 personnes ont déjà été tuées.


