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Le patron du service de renseignement allemand sur la sellette

Le patron du service de renseignement extérieur allemand (BND), Ernst Uhrlau, était jeudi sur la sellette, des parlementaires réclamant sa tête après que son service a enfreint la loi pour espionner une journaliste allemande enquêtant sur l'Afghanistan.

Selon le quotidien Die Welt, citant des sources proches de la commission parlementaire chargée du contrôle des services secrets, le BND aurait même installé un "cheval de Troie" informatique sur l'ordinateur d'un ministre afghan afin d'espionner ses échanges avec la journaliste Susanne Koelbl qui était en contact avec lui.

Mépris de la loi
"Cette affaire doit avoir des conséquences personnelles", a affirmé mercredi Hans-Christian Ströbele, le représentant des Verts à la commission parlementaire de contrôle du BND, qui devait se réunir à nouveau jeudi, à huis clos, pour débattre de ce dossier.

L'affaire a éclaté la semaine dernière lorsque le patron du BND, qui dirige ce service depuis fin 2005, a présenté ses excuses à Mme Koelbl pour avoir espionné son courriel au mépris de la loi, de juin à novembre 2006. Selon le quotidien Berliner Zeitung, d'autres journalistes allemands en Afghanistan ont pu également être espionnés.

L'ancien correspondant de la chaîne de télévision ZDF à Kaboul, Ulrich Tilgner, a confié au journal qu'un diplomate allemand l'avait averti l'an dernier qu'il était sur écoutes en raison de ses contacts avec les ravisseurs d'un ingénieur allemand, depuis lors libéré en Afghanistan.

Choc
"Notre confiance dans le BND et dans sa direction est durablement ébranlée, et ce au-delà des clivages des partis", a affirmé jeudi le député Hans-Peter Uhl, responsable des Unions conservatrices (CDU/CSU) de la chancelière Angela Merkel à la commission.

Selon M. Uhl, une nouvelle loi sera présentée d'ici l'été au parlement pour renforcer le contrôle parlementaire sur le BND. Les parlementaires, a-t-il précisé, ont été particulièrement choqués d'apprendre que M. Uhrlau n'avait lui-même été informé que très tard des dérives au sein de son service.

Scandales
"Si c'est ainsi, si le BND fait ce qu'il veut, qu'il dit à son président un peu, au gouvernement uniquement le nécessaire, et à l'instance de contrôle parlementaire rien du tout, alors il faudra prendre des mesures", selon M. Uhl. Cette affaire tombe mal pour le BND, déjà mis en cause ces dernières années dans plusieurs scandales.

Récemment, le BND aurait par exemple reconnu avoir été au courant de l'entraînement de forces de sécurité libyennes par des policiers allemands, en vacances ou à la retraite, sans pour autant en avoir averti le gouvernement de Berlin.
24/04/08 14h27
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