Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a rencontré vendredi à Pékin le Premier ministre chinois Wen Jiabao au début d'une visite en force de l'exécutif européen qui s'annonce difficile en raison du dossier du Tibet et des droits de l'Homme. Selon le Premier ministre chinois, la question de la crise tibétaine a été abordée lors de la rencontre.
"J'ai informé le président Barroso de la situation au Tibet et de la position chinoise à ce sujet", a déclaré à la presse M. Wen.Au début de la rencontre, M. Wen a indiqué avoir eu des discussions dès jeudi soir avec M. Barroso, qui venait d'arriver du Japon à la tête d'une délégation de neuf commissaires européens.
Dialogue amical
"Hier soir, le président Barroso et moi avons eu un dialogue amical et franc. Apparemment, les commissaires européens ont également eu des échanges amicaux et francs avec nos ministres. Un consensus a été obtenu sur un certain nombre de sujets, qui pose de bonnes bases pour les discussions d'aujourd'hui", a déclaré vendredi à leur ouverture le Premier ministre chinois.
Etape significative
De son côté, le président de la Commission européenne a estimé que "la rencontre d'aujourd'hui marque une étape significative pour le renforcement du partenariat stratégique entre la Chine et l'Europe".
"C'est la première fois que nous avons une rencontre de ce genre, ce que nous appelons une rencontre d'exécutif à exécutif. C'est aussi la première fois qu'un groupe aussi large de la Commission européenne visite la Chine", a-t-il ajouté. Selon des responsables européens à Pékin, une déclaration commune est attendue à l'issue des discussions.
Venu initialement pour parler environnement et économie, l'exécutif européen se retrouve à gérer les questions sensibles de la crise tibétaine et des droits de l'Homme à moins de quatre mois des jeux Olympiques de Pékin.
Jeudi, depuis Tokyo, une membre de la délégation, la commissaire européenne aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner, a donné le ton en appelant le gouvernement chinois à engager "un dialogue constructif et substantiel" avec le dalaï lama. Pékin a réagi, par la voix de la porte-parole du ministère des Affaires étrangères Jiang Yu. "Nous avons exprimé à plusieurs reprises que la question tibétaine est une affaire intérieure de la Chine, aucun pays ou organisation étrangers ne peut s'ingérer", a-t-elle déclaré.
Sarkozy
Jeudi soir, le président français Nicolas Sarkozy, qui sera président de l'Union européenne lors des jeux Olympiques de Pékin, a indiqué avoir été "choqué par ce qui s'est passé au Tibet", tout en réaffirmant vouloir "créer les conditions d'un dialogue entre le dalaï lama et les autorités chinoises". Il a également indiqué qu'il déploierait tous les "efforts possibles" pour que l'UE adopte une "position commune" sur la participation à la cérémonie d'ouverture.
Il y a dix jours, les députés européens ont mis la pression sur les dirigeants de l'UE en leur demandant de conditionner toute participation à la cérémonie à la reprise d'un dialogue entre le régime communiste et le dalaï lama.
Les dirigeants tibétains en exil affirment que la répression chinoise a fait plus de 150 morts tandis que la Chine accuse des "émeutiers" tibétains d'avoir tué 18 civils et deux policiers. (belga)


