-
 

Le Pen persiste à qualifier de "détail" les chambres à gaz

Le président du FN Jean-Marie Le Pen a répèté dans une interview à un magazine régional à paraître vendredi qu'il lui paraît "évident" que "les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale".

"J'ai dit que les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale: ça me paraît tellement évident", déclare-t-il dans une interview au mensuel généraliste Bretons, diffusé en Bretagne et en région parisienne. Jean-Marie Le Pen a affirmé vendredi qu'il avait "interdit" au magazine régional de publier l'entretien dans lequel il répète que "les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale".

"Le magazine Bretons publie sous mon nom un interview dont il a d'ailleurs diffusé avant parution des extraits qui se veulent provocateurs", a déclaré M. Le Pen dans un bref communiqué. "Non seulement je n'ai pas autorisé Bretons à publier cet interview, mais je le lui ai interdit expressément par lettre recommandée il y a déjà 15 jours", ajoute-t-il. Dans la suite des échanges avec le journaliste, M. Le Pen rappelle le nombre de morts total de la seconde guerre mondiale, en avançant le chiffre de "50 millions de morts".

Mais le journaliste l'interrompt, lui disant que "le problème n'est pas de savoir le nombre (de morts) mais la manière dont ils ont été tués", et que l'on a "déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer". "Mais ça, c'est parce que vous croyez à ça. Je ne me sens pas obligé d'adhérer à cette vision-là. Je constate qu'à Auschwitz il y avait l'usine IG Farben, qu'il y avait 80 000 ouvriers qui y travaillaient. À ma connaissance, ceux-là n'ont pas été gazés en tout cas. Ni brûlés", répond M. Le Pen.

Alors que le journaliste rétorque que des travaux d'historiens de toute sensibilité politique ont montré la réalité de la déportation à fin d'extermination, M. Le Pen répond: "Ce n'est pas le problème. Je n'ai pas contesté, j'ai dit que c'était un détail", a-t-il dit. "En quoi cela méritait-il 150 millions d'amendes? Est-ce un pays de liberté où une phrase, si contestable soit-elle, et prononcée par un homme public, mérite 150 millions d'amende, et la mise à l'index de l'individu, et de son parti?", ajoute-t-il, en allusion à la procédure judiciaire qui avait suivi sa première utilisation de ce mot de "détail", en 1987 sur RTL.

Dans cette longue interview, M. Le Pen parle beaucoup de ses rapports avec la Bretagne, sa région d'origine, et parle aussi d'immigration. Il explique qu'il n'est "pas sûr" que la France existera encore dans 50 ans, affirmant que "sur le papier" elle sera "à majorité musulmane", comme c'est le cas aujourd'hui selon lui à "Roubaix", "Marseille", ou dans la "banlieue parisienne, ou en sortant du métro vous vous trouvez à Tombouctou ou Casablanca". "La population musulmane qui s'implante à Quimper ne met pas la coiffe. Elle met le voile. Et la Bretonne qui habite ce quartier de Quimper, elle met aussi le voile pour ne pas avoir de problèmes", dit-il.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a estimé vendredi que Jean-Marie Le Pen s'avançait "encore plus sur la voie du négationnisme". "Non seulement il qualifie une nouvelle fois les chambres à gaz de détail de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale, mais il s'avance encore plus sur la voie du négationnisme en affirmant qu'il n'est pas obligé d'adhérer à la vision suivant laquelle on a déporté des gens pour les amener dans des camps juste pour les faire tuer", déclare le Crif dans un communiqué.

Le Mouvement des jeunes socialistes (MJS) dénonce vendredi "le révisionnisme" de Jean-Marie Le Pen, qui fait "une énième tentative de provoquer l'opinion publique par des propos scandaleux". "Jean-Marie Le Pen, le retour? Non, juste une énième tentative de provoquer l'opinion publique par des propos scandaleux", écrit le MJS dans un communiqué, fustigeant "du déjà vu cynique que les jeunes socialistes refusent de revivre à chaque fois que M. Le Pen veut faire parler de lui". (afp)
25/04/08 18h49
      mailIcon Envoyez cet article      printIcon Version imprimée

Votre avis nous intéresse!

Partagez votre opinion avec plus de 60.000 visiteurs

 

© De Persgroep Publishing. Tous les droits réservés. Lisez les conditions d'utilisation

Mediargus Metriweb