Le chef du gouvernement japonais a connu son premier revers électoral depuis son arrivée au pouvoir, avec une législative partielle remportée par l'opposition, mais Yasuo Fukuda compte malgré tout faire passer en force une taxe sur les carburants au Parlement.
Le candidat du Parti démocrate du Japon (PDJ, opposition, centre) a nettement battu dimanche le poulain du Parti libéral démocrate (PLD, au pouvoir, droite), lors d'une élection pour un siège de député dans la préfecture de Yamaguchi (ouest).
Premier scrutin de ce type depuis la prise de fonction de M. Fukuda en septembre, cette élection faisait figure de test de valeur nationale, au moment où le Premier ministre est en chute libre dans les sondages avec moins de 30% d'opinions favorables.
Impopulaire
Parmi les derniers motifs de mécontentement des électeurs vis-à-vis du PLD figurent l'instauration d'un nouveau système de protection sociale pour les personnes âgées qui a augmenté les dépenses des plus de 75 ans, et un imbroglio autour de la fiscalité sur les carburants.
Une surtaxe de 25 yens par litre d'essence (15 centimes d'euros) a expiré le 1er avril et le gouvernement n'a pas réussi depuis à la faire renouveler au Parlement comme il l'avait annoncé. Cet impôt destiné à financer la construction et l'entretien des routes a été refusé par l'opposition qui, en détenant la majorité au Sénat, a pu bloquer son adoption.
Malgré le refus
Mais le pouvoir compte utiliser la majorité des deux tiers dont il bénéficie à la Chambre des députés pour faire passer la loi au Parlement malgré le veto des sénateurs. "Je pense que ce sera pour mercredi", a déclaré lundi le porte-parole du gouvernement Nobutaka Machimura, qui compte sur "la compréhension des électeurs sur ce sujet".
Du côté de l'opposition, la victoire de dimanche n'a fait que renforcer la détermination du Parti démocrate à obtenir la tête du Premier ministre. "Nous avons fait un bond vers la naissance d'un gouvernement Ozawa", a commenté le secrétaire général du parti, Yukio Hatoyama, en citant le nom du chef de l'opposition, Ichiro Ozawa. M. Fukuda a déclaré samedi qu'il excluait tout remaniement ministériel avant le sommet des pays riches du G8, organisé début juillet par le Japon sur l'île de Hokkaido (nord).


