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La justice espagnole refuse d'extrader Isabel Peron

La justice espagnole a refusé ce lundi d'extrader l'ex-présidente argentine Isabel Peron, visée par deux demandes d'extradition de son pays, a-t-on appris de source judiciaire.

L'Audience nationale, principale instance pénale espagnol, a jugé que les faits reprochés par la justice argentine à Mme Peron n'étaient pas susceptibles d'être qualifiés de crimes contre l'humanité, et qu'ils étaient donc prescrits, ou bien qu'ils n'étaient pas étayés par des preuves suffisantes.

Mme Peron, qui réside en Espagne depuis 1981, est visée depuis janvier 2007 par deux demandes d'extradition de la justice argentine, qui veut l'interroger sur de graves violations des droits de l'Homme commises sous sa présidence.

Veuve du président Juan Domingo Peron et présidente de l'Argentine de 1974 à 1976, Mme Peron avait été brièvement arrêtée près de Madrid en janvier 2007 en vertu d'un premier mandat d'arrêt de la justice argentine, puis assignée à résidence, avant de se faire notifier un second mandat d'arrêt.

La première procédure porte sur la disparition d'un opposant, Hector Fagetti Gallego, disparu après avoir été arrêté le 25 février 1976, un mois avant le coup d'Etat militaire qui allait renverser Isabel Peron et instaurer une dictature jusqu'en 1983.

L'ex-présidente a ensuite fait l'objet d'un second mandat d'arrêt international, notifié le 25 janvier 2007, pour sa complicité présumée dans les activités du mouvement d'extrême droite Triple A (Alliance anticommuniste argentine) considéré comme responsable de 1.500 assassinats dans les années 70.

L'Audience nationale a rejeté dans deux arrêts distincts les demandes d'extradition se fondant sur ces mandats d'arrêts. Le tribunal espagnol estime notamment qu'on peut douter du caractère effectif du titre de chef de forces armées de Mme Peron, en février 1976, pour lui imputer une responsabilité dans la disparition de l'opposant Hector Fagetti Gallego qui est intervenue "moins d'un mois" avant qu'elle ne soit renversée.

"De toute façon (...) il s'agirait de délits de droit commun déjà prescrits et élevés au rang de crimes contre l'humanité (par la justice argentine, ndlr) qui les attribue à du terrorisme d'Etat, raison pour laquelle il convient de s'opposer à l'extradition de l'intéressée", indique ce procès verbal.

Quant à la complicité alléguée de l'ex-présidente avec l'organisation "Triple A", l'Audience nationale a jugé ne pas disposer de preuves suffisantes pour relier personnellement Mme Peron à ces crimes, "quelle que soit leur atrocité". (afp/belga)
28/04/08 17h35
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