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Josef Fritzl, voisin aimable à la double vie diabolique

Josef Fritzl, 73 ans, apparaît, selon les premiers éléments de l'enquête, comme un monstre des temps modernes, auteur d'un scénario diabolique et sophistiqué.

"Alors que la fille vivait un martyre sans fin, recluse avec trois de ses enfants dans un réduit, le monstre Fritzl vivait dans la même maison une vie de brave grand-père", résumait lundi le tabloïd Kronen Zeitung.

A Amstetten (à 100 km de Vienne), les voisins interrogés par les médias ont décrit Josef comme un homme aimable, poli, toujours prêt à aider les autres et très attentionné pour ses enfants.

Sa fille Elisabeth a subi un calvaire interminable dans un réduit de 60 m2 qu'il avait aménagé dans la cave de sa maison. Violée dès l'âge de 11 ans, elle y a ensuite été séquestrée à 18 ans et y a donné naissance à sept enfants dont l'un est mort.

Mais personne ne s'est douté une seconde de l'incroyable double vie de ce pêcheur passionné, compagnon de tablée apprécié, selon Kronen Zeitung. "Il a réussi à bâtir une légende et tout le monde y a cru", a estimé le ministre autrichien de l'Intérieur Günther Platter, à la télévision ORF.

Electricien de formation qui a travaillé dans une entreprise de matériaux de construction, Josef a imaginé un scénario très sophistiqué et plausible. Avec son épouse Rosemarie, l'homme a eu sept enfants, tous adultes aujourd'hui, et les habitants d'Amstetten se souviennent qu'il s'en était bien occupé.

Lorsqu'il a séquestré sa fille en 1984, il a expliqué à la police qu'elle avait sans doute rejoint une secte. Pour preuve, il avait fait écrire à Elisabeth une lettre adressée à ses parents demandant d'arrêter les recherches.


Jouant de son rôle de père autoritaire, il avait strictement interdit à tout son entourage de se rendre dans la cave en expliquant qu'il s'agissait de son atelier. Lui-même s'y rendait tous les soirs et apportait vêtements et nourriture à sa fille et à leurs enfants.

Lorsque les relations incestueuses ont conduit à des naissances, il a peaufiné son scénario de la fille-mère disparue. A trois reprises, à quelques années d'intervalle, la fille prétendument disparue a déposé trois de ses bébés à la porte de ses parents, alors qu'elle végétait en réalité dans la cave de l'immeuble avec deux autres bambins.

Josef avait pris soin de lui faire écrire des lettres d'accompagnement comme celle de 1993: "le bébé a 9 mois, elle aura une vie meilleure chez grand-mère et grand-père qu'avec moi". A l'aide de ces lettres, le grand-père a pu obtenir la garde officielle des trois enfants prétendument abandonnés par la mère.

Sur la foi de l'enquête en cours sur la disparition de la mère, les services sociaux locaux n'ont pas cherché plus loin. Heinz Lenze, un responsable des services administratifs de Amstetten, a reconnu que les services sociaux "n'ont pas eu l'idée de chercher dans la maison même alors que les enfants ont été déposés devant la porte des grands-parents".

Les trois enfants en question, deux filles et un garçon, ont ainsi été inscrits à l'école où ils sont de bons élèves. Selon un camarade de classe de l'un d'eux, interrogé par la télévision ORF, il était clair que la mère avait disparu, mais personne n'en parlait et, d'ailleurs, "la grand-mère avait recommandé de ne pas en parler". (belga)

28/04/08 16h46
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