Le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali a indiqué être "conscient" que beaucoup restait à faire en matière de droits de l'Homme en Tunisie et a affirmé "accepter volontiers la critique".
"Dans ce domaine, comme dans d'autres, nous sommes conscients que beaucoup reste à faire. Néanmoins, les réalisations sont déjà nombreuses et l'évolution réelle", déclare-t-il dans un entretien au mensuel Afrique-Asie paraissant en mai à Paris et publié mardi à Tunis. A la question de savoir si la Tunisie accuse un retard en matière de droits de l'homme, M. Ben Ali répond: "ceux qui le prétendent ignorent totalement la réalité tunisienne. Par contre, si vous parlez de critiques, je vous précise que nous acceptons volontiers la critique" a-t-il assuré.
Le président tunisien a affirmé sa volonté de faire évoluer les droits de l'Homme, énumérant "les grands progrès réalisés par la Tunisie, et constatés, dit-il, lors de l'examen périodique universel du Conseil des droits de l'Homme du 8 avril à Genève". "Nous entendons tirer amplement profit des recommandations que nous fera le Conseil des droits de l'Homme de l'Onu", a-t-il encore assuré. L'épineux dossier des libertés et droits de l'Homme est à l'ordre du jour de la visite en Tunisie du président français Nicolas Sarkozy, qui a rendu hommage aux efforts de ce pays en la matière. "Aujourd'hui, l'espace des libertés progresse. Ce sont des signaux encourageants que je veux saluer", avait-il déclaré en présence de son hôte lundi soir au premier jour de sa visite d'Etat de 48 heures en Tunisie.
Deux dirigeants d'ONG défenseurs des droits de l'Homme Khadija Cherif et Mokhtar Trifi se sont dit "déçus" mardi par les déclarations de M. Sarkozy. S'agissant d'immigration, autre sujet à l'ordre du jour de la visite de Nicolas Sarkozy avec le paraphe lundi d'un accord sur la gestion des flux migratoires, M. Ben Ali a dit privilégier "une approche équilibrée et globale" à l'échelle européenne. "Le partenariat avec l'Europe n'a pas seulement une vocation économique, mais il implique aussi une forte dimension humaine", a-t-il plaidé, ajoutant qu'il "s'agit de deux volets indissociables qui devront évoluer selon une approche équilibrée et globale".
"Nous comprenons la dimension sécuritaire qui préoccupe nos amis européens (...), mais ce volet ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt" dit-il, avant de conclure: l'immigration clandestine "ne peut être combattu que dans le cadre d'une approche de codéveloppement solidaire et porteur de prospérité partagée". (belga)
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