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Les minorités restent discriminées en Serbie, indique le Conseil de l'Europe

Les minorités nationales, ethniques ou religieuses continuent à être discriminées en Serbie et le code pénal demeure trop souvent inappliqué aux personnes qui commettent des actes racistes ou des actes antisémites, indique mardi un rapport du Conseil de l'Europe.


"Il existe en Serbie un climat d'hostilité à l'encontre des minorités nationales ou ethniques, dont les Roms et les groupes religieux, qui est véhiculé par certains médias et hommes politiques" déplore l'ECRI, l'agence du Conseil de l'Europe contre le racisme et l'intolérance. Des membres de ces groupes sont également agressés, parfois par des personnes appartenant à des groupes néo-nazis ou d'extrême-droite, et leurs lieux de culte font l'objet de vandalisme et/ou d'incendies volontaires. Le nombre d'agressions - entre 100 et 150 par an - a diminué mais elles sont devenues plus violentes, selon les ONG.

Par ailleurs, l'ECRI note avec inquiétude l'existence d'un antisémitisme qui se manifeste par la vente répandue et libre de publications antisémites, des actes de vandalisme - dont des profanations de tombes et des graffitis sur les murs des synagogues. L'ECRI note que la Serbie a pris des mesures pour améliorer la situation des Roms mais cette communauté reste discriminée, indique mardi un rapport du Conseil de l'Europe qui relève aussi une persistance d'actes racistes et antisémites. L'ECRI déplore également "le rôle ambigu de certains membres de l'église orthodoxe serbe". Elle cite le cas d'un archevêque, auteur d'ouvrages antisémites, cannonisé par l'église orthodoxe serbe.

Le rapport note, en outre, "avec inquiétude" que la situation des Albanais est difficile dans les régions de Presevo, Bujanovac et Medveda, au sud. Ils souffrent de discrimination dans des domaines comme l'accès à l'éducation et à la fonction publique. L'ECRI est aussi "préoccupée" par la situation des Roms, Ashkalis et Egyptiens déplacés à l'intérieur du pays qui doivent recevoir des papiers d'identité et avoir accès au logement, à l'éducation et à l'emploi. Parmi les progrès réalisés par la Serbie, le document constate que la télévision publique a établi des antennes dans des régions habitées par les minorités nationales ou ethniques, sur lesquelles sont diffusées des informations dans leur langue.

Mais, ajoute l'ECRI, cette ouverture démocratique a également permis le foisonnement d'une presse à sensation qui publie des articles négatifs sur les minorités. Certains médias plus sérieux diffusent également ce genre d'idées, selon le rapport. Ses experts constatent qu'il n'existe pas d'organe indépendant chargé de recevoir des plaintes et d'imposer des sanctions contre des journalistes qui violent la législation en matière d'incitation à la haine raciale. (belga/7sur7)
29/04/08 18h33
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