"Ce n'est pas à l'UE de résoudre les problèmes du Congo"

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Par: rédaction
3/05/08 - 12h53

Sans souscrire au discours tenu la semaine dernière à Kinshasa par son successeur à la tête des Affaires étrangères, le commissaire européen au développement et à l'aide humanitaire, Louis Michel, a placé les dirigeants congolais face à leurs responsabilités, dans une interview que doit diffuser samedi la télévision communautaire Télé Matonge.

"Les Congolais doivent cesser d'attendre de la communauté internationale que cette communauté internationale règle les problèmes à leur place", affirme le commissaire européen et ancien chef de la diplomatie belge dans cet entretien présenté comme "exclusif". L'interview a été réalisée en décembre dernier à Lisbonne, en marge du sommet UE-Afrique, mais n'est diffusée que ce week-end par Télé Matonge, une émission programmée sur Télé Bruxelles.

La télévision communautaire fait le lien entre les propos de M. Michel et ceux - particulièrement critiques à l'encontre des dirigeants congolais - tenus par l'actuel ministre belge des Affaires étrangères, Karel De Gucht, lundi dernier lors d'une visite à Kinshasa. Ce qu'a récusé M. Michel, interrogé samedi matin par l'agence BELGA, assurant qu'il ne souscrivait pas aux déclarations de son successeur. Dans l'interview accordée à Télé Matonge, le commissaire européen affirme néanmoins que c'est aux dirigeants congolais de résoudre les - nombreux - problèmes auxquels est confrontée la République démocratique du Congo (RDC).

"L'Union européenne ne va pas savoir régler les problèmes du Congo à la place des Congolais. Ca non. On peut aider, on est à la disposition, on dépense des masses d'argent pour créer un Etat, pour aider à constituer un Etat qui soit véritablement au service de la population. Mais ne demandez pas à l'Union européenne de régler les problèmes à votre place", a lancé M. Michel. "Les Congolais doivent cesser d'attendre de la communauté internationale que cette communauté internationale règle les problèmes à leur place", a-t-il ajouté.

"Dans un pays qui est immensément riche, on n'est pas capable d'avoir suffisamment le sens de l'autre que pour utiliser cette richesse, pour faire en sorte que ces gens ne souffrent plus", a poursuivi le commissaire européen, sans jamais parler de corruption, comme l'a fait M. De Gucht. Il a également défendu l'action de l'Union européenne en RDC et la maturité politique du peuple congolais. "L'Europe, elle a trouvé près de 450 millions d'euros pour financer un processus électoral. Et je pense qu'aujourd'hui le Congo ne serait pas un pays démocratique sans l'appui financier massif de l'Union européenne", a expliqué M. Michel.

"Je ne suis plus prêt à faire acte de repentance. S'il y a un pays où l'Union européenne s'est investie, a trouvé les moyens, a dépensé de l'argent des citoyens européens pour faire une démocratie, c'est au Congo". "Je suis très heureux d'avoir constaté que le peuple congolais avait répondu positivement à cela. C'est le peuple congolais qui a fait la démocratie, grâce à notre argent", a-t-il encore affirmé. (belga)

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