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Anniversaire morose pour Sarkozy

Nicolas Sarkozy fête discrètement mardi le premier anniversaire de sa victoire éclatante à l'élection présidentielle, assombrie un an après par des sondages en berne, une situation économique morose et des tiraillements avec sa majorité.

Un an jour pour jour après avoir été choisi par plus de 53% des Français, le président tient à montrer, par son emploi du temps, qu'il est plus que jamais dans l'action, pas dans la célébration. Il passera l'essentiel de sa journée sur le terrain, dans le Gard, pour y parler social et emploi des "seniors", accompagné de son ministre du Travail, Xavier Bertrand, et de son secrétaire d'Etat à l'emploi, Laurent Wauquiez.

Le soir, il invitera toutefois l'ensemble de ses ministres et leurs conjoints pour un dîner à caractère "strictement privé". "Il s'agit simplement de marquer le coup", selon un conseiller du président. Reste à savoir s'il répondra auparavant à l'invitation de l'UMP, qui commémorera en fin d'après-midi l'anniversaire du 6 mai 2007.

Mensonge, échec et dégâts
Les éditorialistes de la presse française jugent très sévèrement, mardi, la première année de Nicolas Sarkozy à l'Elysée, évoquant le "mensonge", les "dégâts" et "l'échec" de l'"éternel candidat", qui a cru qu'il "suffirait d'être élu pour galvaniser la France". Douze mois après son élection triomphale (53,06%), la situation économique semble durablement plombée selon la plupart des experts, même si le gouvernement affiche sa confiance.

Plus généralement, Nicolas Sarkozy entame l'an II de son mandat en pleine crise de confiance avec les Français. En dépit de sa récente intervention télévisée, sa cote de confiance s'est enfoncée à 36%, selon un sondage paru lundi. A la veille de cette célébration, François Fillon s'est félicité qu'au terme de sa première année au pouvoir l'exécutif ait "emmené les Français sur le terrain idéologique" de la droite.

Réformes
Le Premier ministre a affirmé lundi avoir "une satisfaction, une très importante satisfaction, c'est d'avoir fait changer la nature des débats dans notre pays". Il a notamment cité la réforme des heures supplémentaires "qui a remplacé" le débat "sur le partage du travail", l'autonomie des universités "qu'on pensait bloquée à tout jamais" et les régimes spéciaux de retraite.

"Tous ces sujets là, c'étaient des sujets sur lesquels le débat était organisé autour de la thématique qui était la thématique de la gauche. On a emmené les Français sur le terrain idéologique que nous souhaitions", a-t-il ajouté. François Fillon a exclu tout "regret" un an après son arrivée à Matignon. L'UMP a exprimé, de son côté, un soutien sans réserve à Nicolas Sarkozy, l'exhortant à "continuer dans la même direction".

Campagne socialiste
Le Parti socialiste a pour sa part lancé lundi une campagne d'affiches et de tracts pour dénoncer un an de pouvoir de Nicolas Sarkozy, "un an d'illusion, un an de régression", et pour avancer ses propositions alternatives.

"Un an de Sarkozy, c'est un an d'illusion, un an de régression, un an que les Français sanctionnent durement" d'abord pour "le non respect des engagements du président de la République, au premier chef sur le pouvoir d'achat", a affirmé Bruno Le Roux, secrétaire national PS.

"Cette année a été aussi des moments difficiles pour notre pays, vécus par les Français comme des moments d'humiliation", a-t-il dit, en évoquant "la réception de M. Kadhafi, le discours de Dakar, l'allégeance faite à Poutine, le blanc seing donné à la Tunisie, la remise en cause de la laïcité et le discours de Latran".

C'est pour "dénoncer cette politique" et "renouveler les propositions concrètes et nous battre sur le pouvoir d'achat que le PS lance une campagne" qui se décline en 3 millions de tracts, et trois affiches diffusées en 300.000 exemplaires.
06/05/08 10h54
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