22.000 morts et 41.000 disparus en Birmanie

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Par: rédaction
6/05/08 - 14h59

Plus de 22.000 personnes sont mortes en Birmanie lors du passage il y a quatre jours du cyclone Nargis, et au moins 41.000 autres sont portées disparues, a annoncé la télévision d'Etat mardi, dans un nouveau bilan officiel.

Selon les autorités, rien qu'à Bogalay, située au coeur du delta de l'Irrawaddy, la principale région rizicole de Birmanie, environ 10.000 personnes ont péri et 95% des habitations ont été détruites. La plupart des 190.000 habitants de Bogalay sont sans abri depuis que Nargis a frappé le delta où vivent 24 millions de personnes (la moitié de la population), a déclaré le ministre de la Protection sociale, Maung Maung Swe.

"De nombreuses personnes ont été tuées par un raz-de-marée de quatre mètres", a ajouté ce ministre. Des images satellitaires de la NASA ont montré de vastes étendues de champs inondés et Rangoun, l'ancienne capitale située à l'est du delta et qui compte plus de six millions d'habitants, entourée par les eaux. Tout le delta a été dévasté, selon les prises de vue de la télévision d'Etat birmane: des bateaux ont été emportés, des maisons détruites et d'énormes arbres déracinés.

Aide internationale
Quatre jours après le cyclone et alors que, selon l'ONU, des centaines de milliers de personnes sont sinistrées, le régime militaire a inhabituellement accepté l'aide internationale tout en posant des conditions. "Les équipes d'experts étrangers venant ici devront négocier avec le ministère des Affaires étrangères et les plus hautes instances", a déclaré Maung Maung Swe, ministre de la Protection sociale.

Le Bureau de coordination de l'aide humanitaire de l'ONU (OCHA), l'Unicef ainsi que la Fédération internationale de la Croix rouge et du Croissant rouge ont indiqué mardi être en attente de visas pour les experts qu'ils comptaient envoyer sur place.

Le cyclone Nargis, qui venait du Golfe du Bengale avec des vents soufflant à quelque 200 km/h, a frappé de plein fouet l'Irrawaddy tard vendredi soir avant de poursuivre sa progression vers l'est samedi, provoquant des ravages considérables dans plusieurs régions du sud.
Jonchées de cadavres
Des équipes des Nations unies ont inspecté certains des secteurs les plus touchés mais la distribution de secours constituera "un défi majeur", a indiqué un porte-parole de l'ONU à Bangkok. Ces régions sont jonchées de cadavres, a déclaré mardi une organisation humanitaire après avoir survolé les zones les plus affectées en hélicoptère. "Même à cette altitude, c'est accablant", a déclaré Kyi Minn, conseiller auprès de l'association chrétienne World Vision présente à Rangoun.

L'agence de l'ONU pour la prévention des catastrophes a déploré elle mardi l'absence d'alerte précoce. "Vu le nombre de morts, cela laisse à penser qu'un système d'alerte précoce n'a pas été mis en place", a déclaré Brigitte Léoni, porte-parole du Secrétariat de l'ONU pour la prévention des catastrophes (SIPC). "Manifestement (en Birmanie) beaucoup de gens n'ont pas eu le temps" de partir "et de se réfugier dans des abris sécurisés", a-t-elle commenté.

De nombreux pays à travers le monde, ainsi que des organisations internationales, ont annoncé des aides pour les rescapés du cyclone, mais un bon nombre a indiqué vouloir éviter que l'assistance ne transite par le régime. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a promis que l'organisation mondiale ferait tout ce qui est nécessaire pour apporter une aide d'urgence à la Birmanie, l'un des pays les plus pauvres d'Asie.

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