L'idée d'un "ticket" Obama-Clinton ressurgit

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Par: rédaction
8/05/08 - 09h09

L'idée que Barack Obama et Hillary Clinton disputent ensemble la présidentielle américaine, au nom de l'unité des démocrates face au républicain John McCain, recommence à faire son chemin depuis que les médias ont quasiment proclamé l'investiture du jeune sénateur.

Mais curieusement, alors qu'il y a deux mois Mme Clinton, en dépit de son retard, évoquait crânement l'hypothèse de prendre son jeune rival pour colistier, son équipe assure maintenant que l'idée de briguer la vice-présidence à ses côtés ne lui traverse plus l'esprit. "Je ne l'ai pas entendue exprimer d'intérêt pour un tel ticket" a déclaré mardi son directeur de communication Howard Wolfson.

Une escouade de jeunes militants démocrates proches de Hillary Clinton a pourtant lancé une "campagne pour la dream team". "A l'origine j'avais pour but d'organiser les partisans d'un 'ticket' Clinton-Obama (dans cet ordre) (...) mais ces dernières semaines j'ai parlé avec des partisans d'Obama qui parlent d'un 'ticket' Obama-Clinton, et ils ont raison", a expliqué mardi le fondateur de l'organisation "voteboth" ('votez pour les deux'), Adam Parkhonenko.

Dès mardi soir, le responsable d'un courant centriste du parti démocrate, Harold Ford, du DLC (Democratic leadership council), a plaidé avec force pour une candidature commune. "Un 'ticket' Obama/Clinton pourrait répondre aux grandes inquiétudes, de part et d'autres, sur les différends et l'animosité (entre les deux camps), et la difficulté de Barack pour attirer le vote des blancs", a fait valoir M. Ford sur la télévision MSNBC.

L'universitaire William Galston, ancien collaborateur du président Clinton aujourd'hui à la Brookings Institution, estime que le devoir de rassemblement pourrait en effet pousser M. Obama à tenter l'inconcevable, comme en 1960 John Kennedy avait offert la vice-présidence à son tenace rival Lyndon Johnson, comme en 1980 Ronald Reagan avait fait équipe avec George Bush.

"Malgré tous les déchirements, M. Obama pourrait très bien décider que le plus prudent est de rassembler le parti de la façon la plus visible qu'on puisse imaginer", en proposant à Mme Clinton de l'épauler. "Si elle n'accepte pas, le parti ne lui pardonnera pas", prédit M. Galston.

Cela fait plusieurs mois que certains commentateurs rêvent que les candidats-superstars du parti démocrate finissent par s'allier - en dépit de l'acrimonie croissante de la campagne.

Au lendemain de ses victoires dans l'Ohio et au Texas en mars, Mme Clinton avait envisagé de faire équipe avec son rival - tant qu'elle serait tête de liste. "Si vous les mettez ensemble, leur force est pratiquement impossible à arrêter", avait fait valoir son époux, l'ancien président Bill Clinton. Mais Barack Obama, nullement décidé à s'incliner tant qu'il restait en tête de la course, avait fait s'évanouir ce rêve.

La manoeuvre est "assez transparente", avait estimé le stratège du sénateur de Chicago David Axelrod, laissant entendre que les Clinton tentaient de faire croire qu'en votant pour l'ex-Première dame, les électeurs pourraient pour le même prix voir M. Obama s'installer à la vice-présidence assez longtemps pour mûrir son CV de présidentiable.
Aujourd'hui, nul n'évoque plus Mme Clinton en tête de liste, et la prudence reste de mise dans le camp Obama. "De toute évidence, quand nous nous serons assuré l'investiture, c'est une décision que M. Obama devra prendre, son choix d'un co-listier, mais c'est prématuré d'en parler", a répété mercredi David Plouffe, le stratège du sénateur de Chicago.

Un pro-Obama récemment converti, l'ancien pro-Clinton Joe Andrew, qui fut président du parti démocrate, ne croit guère à un ticket Obama-Clinton. Il engage en revanche son favori à choisir un proche de l'ex-Première dame, comme le sénateur de l'Indiana Evay Bayh, voire le gouverneur de Pennsylvanie Ed Rendell, pour faire acte de rassemblement. (belga)

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