Gaza plongée dans le noir

La bande de Gaza était touchée dimanche par d'importantes coupures de courant après l'arrêt la veille de l'unique centrale du territoire qui a épuisé ses réserves de fioul, ont indiqué la compagnie d'électricité et des témoins.
Grave crise"Il y a une crise très grave après l'arrêt total de la centrale. Plus de la moitié des besoins en électricité n'est pas remplie", a affirmé Jamal al-Dardassawi, le porte-parole de la compagnie palestinienne d'électricité. Selon lui, les zones les plus touchées sont la ville de Gaza et la région centre de la bande de Gaza, directement approvisionnées par la centrale électrique.
Pas de fioul livréLe directeur de l'unique centrale électrique de Gaza, Rafik Maliha, a de son côté indiqué qu'aucune livraison de fioul n'avait été effectuée dimanche. "Jusqu'à présent, nous n'avons reçu aucun fioul. Des livraisons devaient avoir lieu ce matin, mais nous n'avons rien reçu", a-t-il précisé.
L'unique centrale électrique de la bande de Gaza a cessé de fonctionner samedi après l'épuisement de ses stocks de fioul, avait indiqué samedi un de ses responsables. La centrale fournit environ 30% de l'électricité de la bande de Gaza. Le reste est fourni par Israël et l'Egypte.
Nahal Oz fermé"Le ministère de la Défense a décidé de ne pas ouvrir aujourd'hui Nahal Oz", l'unique point de passage pour les carburants entre la bande de Gaza et Israël, a pour sa part indiqué un responsable militaire israélien sous couvert d'anonymat. Le ministère de la Défense n'a pas été en mesure de faire de commentaire dans l'immédiat.
Le syndicat des boulangers a de son côté annoncé dans un communiqué la fermeture des boulangeries de Gaza en raison "de l'épuisement des stocks de gaz, de carburants, et des coupures d'électricité".
Dix mois de blocusFace à cette situation, l'ONG britannique Oxfam a appelé Israël "laisser entrer sans délai le carburant nécessaire à faire fonctionner la centrale de Gaza". "Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et regarder les services essentiels à un million et demi de personnes, déjà affaiblis par dix mois de blocus, s'effondrer entièrement", ajoute Oxfam.
Israël, qui a fortement limité ses approvisionnements en carburants à la bande de Gaza, accuse régulièrement le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle ce territoire, d'exagérer l'ampleur de la pénurie afin d'obtenir une levée du blocus israélien.
Israël a interrompu ses approvisionnements d'essence destiné aux véhicules à la bande de Gaza après une attaque palestinienne, le 9 avril, contre le terminal de Nahal Oz, au cours de laquelle deux civils israéliens avaient été tués.
Israël maintient un blocus sur la bande de Gaza affirmant user de ce moyen pour forcer les groupes armés palestiniens à arrêter leurs tirs quotidiens de roquettes sur le territoire israélien. (belga/7sur7)