Le bilan atteint 12.000 morts en Chine
Le puissant séisme qui a secoué lundi l'ouest de la Chine a fait près de 12.000 morts, selon un nouveau bilan officiel, qui continuait de s'alourdir mardi, alors que les premiers secours sont arrivés dans la zone de l'épicentre.
"Jusqu'à présent, le bilan des morts du séisme a atteint 11.921", a déclaré Wang Zhenyao, chef du département des secours au ministère des Affaires civiles, lors d'une conférence de presse à Pékin. Le précédent bilan faisait état de 9.219 morts.
Selon Chine Nouvelle, 2.000 personnes ont été tuées dans la seule ville de Mianzhu, dans la province du Sichuan (sud-ouest), où 4.800 personnes restaient ensevelies sous les gravats de bâtiments effondrés.
L'immense majorité des victimes a été recensée au Sichuan, la province où a été localisé l'épicentre du séisme de magnitude 7,9 qui s'est produit lundi peu avant 14h30 (08h30, heure belge). Au lendemain du séisme, les premiers secours sont arrivés dans la zone de l'épicentre, le district de Wenchuan.
Des images de télévision montraient des immeubles détruits, des routes coupées et des survivants tentant de se libérer eux-mêmes des décombres.
Environ un millier de collégiens et professeurs sont également décédés ou portés disparus après l'effondrement de leur collège du district de Beichuan, au nord-est de Wenchuan, où plus de 80% des constructions se sont écroulées, selon des responsables locaux. "Le nombre de morts ou disparus est estimé à plus de 1.000" dans cette école, a affirmé Chine Nouvelle. De nombreux enfants, qui étaient en classe à l'heure de la secousse, font partie des victimes.
A Dujiangyan, à une cinquantaine de kilomètres au sud de Wenchuan, des responsables du collège Xiang'e ont estimé que moins de 100 des 420 enfants de l'établissement devaient avoir survécu à l'effondrement de l'école. "J'ai tout perdu. Ma maison et ma mère", a témoigné un habitant de la ville, Wen Xiaoping, figé devant le cadavre de sa mère extraite des débris.
A Shifang, une ville entre Chengdu et Wenchuan, environ 500 personnes sont mortes et 3.000 blessées tandis que 2.000 ont été ensevelies.
Toujours dans le Sichuan, deux usines de produits chimiques se sont effondrées, ensevelissant des centaines d'employés et conduisant à l'évacuation de 6.000 riverains, a indiqué l'agence officielle.
Dans la même province, 37 touristes, dont la nationalité n'a pas été précisée, et qui voyageaient en bus, sont morts dans un glissement de terrain.
Ce séisme est le plus grave qu'ait connu la Chine depuis celui de Tangshan en 1976, qui avait fait 242.000 morts selon un bilan officiel, a indiqué Xinhua (Chine Nouvelle). "La situation est plus grave que nous l'avions estimé précédemment", a déclaré dans la nuit de lundi à mardi le Premier ministre Wen Jiabao, depuis le quartier général des secours à Dujiangyan, dans le Sichuan, à 100 kilomètres de l'épicentre. Dès lundi, il avait parlé d'un "désastre majeur".
"Nous ne pouvons pas compter seulement sur les équipes médicales de la province du Sichuan, nous avons besoin que des équipes arrivent de l'extérieur", a dit M. Wen, cité par la télévision nationale.
Le président Hu Jintao a martelé que l'acheminement des secours étaient la priorité absolue du gouvernement. Plus de 50.000 soldats ont été mobilisés pour les opérations de secours, a annoncé mardi Chine Nouvelle.
Le séisme a été ressenti à des milliers de kilomètres, comme à Shanghaï et à Pékin. Aucune victime ni dégât n'ont été signalés dans la capitale. Les installations olympiques n'ont pas été endommagées, a annoncé le Comité d'organisation des JO qui doivent débuter le 8 août à Pékin.
La catastrophe n'a pas empêché la flamme olympique de poursuivre son périple. Le relais a entamé sa 12ème étape chinoise mardi à Longyan, une ville du Fujian, dans le sud-est.
De nombreux chefs d'Etat étrangers ont adressé des messages de condoléances et de soutien à la Chine, offrant leur aide, tels le président américain George W. Bush, le président français Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel ou le nouveau président russe Dmitri Medvedev.
La Chine a indiqué mardi qu'elle acceptait les nombreuses propositions d'aide, mais a jugé que les conditions n'étaient pas réunies pour l'envoi d'équipes étrangères dans les zones dévastées.
Le dalaï lama, accusé par la Chine d'avoir fomenté les émeutes de mars au Tibet, a exprimé ses "condoléances aux familles endeuillées par cette grande tragédie", saluant "la réponse rapide des autorités chinoises à déployer des équipes pour secourir les survivants". (belga)