Le ministre belge de la coopération au développement, Charles Michel, et son père, Louis, titulaire de la même compétence au sein de la Commission européenne, ont introduit chacun une demande de visa pour la Birmanie. Les deux hommes espèrent se rendre dans le pays ravagé par le cyclone Nargis pour faire le point sur la situation humanitaire.
Charles et Louis Michel participent mardi après-midi à une réunion extraordinaire des 27 consacrée à cette catastrophe, l'une des pires de l'histoire mondiale récente. Le second compte s'envoler dans la foulée pour Bangkok (Thaïlande), d'où il espère rejoindre rapidement Rangoun.
Il s'agit d'expliquer à la junte "la nécessité d'ouvrir immédiatement un couloir humanitaire", a affirmé mardi son porte-parole, selon lequel "chaque heure compte". "Cette mission est de nature humanitaire, et non politique", a-t-il insisté.
A l'image des Etats-Unis, les Européens ont accru la pression sur le régime birman, qui impose toujours de fortes restrictions à l'aide internationale, onze jours après le passage du cyclone.
Parrain du concept d'ingérence humanitaire, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a ainsi réclamé de forcer Rangoun à accepter l'aide humanitaire, imité mardi par Javier Solana, le haut représentant pour la politique étrangère de l'UE.
La réunion de mardi devrait permettre aux 27 Etats membres de faire le point sur la situation et de coordonner leurs stratégies. La Belgique annoncera à cette occasion qu'elle portera son aide totale à un million d'euros.
L'aide d'urgence s'élèvera à 650.000 euros (dont 250.000 déjà annoncés précédemment), et sera complétée par une aide alimentaire de 250.000 euros et par une montant de 100.000 euros versé par la région flamande, selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.
L'acheminement de cette aide reste problématique et fait l'objet d'une concertation ce mardi après-midi au ministère, a dit le porte-parole, précisant que le soutien transitera vraisemblablement par les ONG déjà actives dans le pays.
C'est dans ce contexte que M. Michel entend se rendre prochainement en Birmanie pour "pour faire pression sur les autorités birmanes afin de forcer l'ouverture des frontières aux travailleurs humanitaires et aux journalistes". Au contraire de son père, prêt à patienter à Bangkok avant de recevoir son visa, le ministre n'a pas annoncé de date pour son départ. (belga)
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