La Belgique a pris la décision de principe d'envoyer en Birmanie, frappée par un violent cyclone, du matériel humanitaire divers pour une valeur d'environ 400.000 euros dans le cadre d'une mission du dispositif interministériel d'intervention en cas de catastrophes à l'étranger B-FAST, a annoncé mardi le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht.
Cette aide s'ajoute au montant de 250.000 euros qui avait déjà été annoncé la semaine dernière, a précisé le service public fédéral (SPF) Affaires étrangères dans un communiqué. Ce matériel sera acheminé sur place par avion cargo, a ajouté le ministère. Le ministre de la Coopération au Développement, Charles Michel, et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, Olivier Chastel, ont pour leur part fait état mardi d'une aide belge "totale" d'un million d'euros en faveur des victimes du cyclone Nargis qui a frappé la Birmanie le 3 mai et pourrait avoir fait plus de 100.000 morts selon des diplomates occidentaux.
Ce montant comprend les 250.000 euros annoncés la semaine dernière, qui "sont déjà opérationnels", selon M. Michel. S'y ajoutent une nouvelle aide d'urgence de 400.000 euros, ainsi qu'une aide alimentaire de 250.000 euros et un versement de la région flamande de 100.000 euros. Cet accroissement de l'aide belge intervient alors que le député socialiste - et ancien ministre de la Défense -, André Flahaut, avait dénoncé lundi l'"attentisme" et la "passivité" du gouvernement belge face au drame qui touche la Birmanie,
"Seul Louis Michel (le commissaire européen au Développement et à l'Aide humanitaire, NDLR) semble vouloir tenter de faire bouger les choses", avait affirmé M. Flahaut à l'agence BELGA, dans une allusion à la réunion d'urgence des ministres européens chargés du développement qu'il a convoquée mardi après-midi à Bruxelles.
A l'issue de cette réunion, M. Michel a indiqué qu'il avait obtenu un visa pour pénétrer en Birmanie, où il veut tenter de convaincre les autorités de laisser entrer l'aide humanitaire destinée aux sinistrés du cyclone Nargis. Il doit quitter Bruxelles dès mardi soir pour Bangkok, avant de se rendre à Rangoun pour une mission "strictement humanitaire". Selon M. Flahaut, "à une autre époque, (le dispositif interministériel d'intervention en cas de catastrophes à l'étranger) B-FAST (pour "Belgian First Air Support Team") aurait été activé et des moyens auraient été mis à la disposition de l'Unicef pour acheminer de l'aide. Aujourd'hui, les priorités sont ailleurs et c'est regrettable", avait-il ajouté.
Le ministère des Affaires étrangères a pour sa part fait observer que le recours à B-FAST n'est possible qu'en cas de demande du pays touché par une catastrophe, alors que la Birmanie a montré jusqu'à présent beaucoup de réticences à accepter l'aide internationale. (belga)
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