Uribe décide d'extrader aux USA les principaux chefs paramilitaires

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Par: rédaction
13/05/08 - 21h57
Alvaro Uribe.

Le président colombien Alvaro Uribe a créé la surprise en extradant mardi les principaux chefs paramilitaires vers les Etats-Unis, où ils sont recherchés pour trafic de drogue, au risque de mettre en péril le processus de démobilisation des groupes armés d'extrême droite.
Treize des plus importants chefs paramilitaires colombiens et le narco-trafiquant Martin Torregrosa ont été extradés mardi matin de Bogota vers les Etats-Unis.

Les chefs paramilitaires ont été extraits de trois prisons vers 02h00 locales (O7hOO GMT) et conduits sur la base militaire de Catam à Bogota où des agents de la DEA (services anti-drogue américains) les attendaient sur le tarmac de l'aéroport, a affirmé la radio privée RCN. Ces Colombiens sont accusés par des tribunaux de Miami et de New York d'avoir introduit aux Etats-Unis des centaines de kilos de cocaïne.

Les plus grands dirigeants de ces milices d'extrême droite, Salvatore Mancuso, Rodrigo Tuvar Pupo (alias "George 40"), Diego Fernando Murillo (alias "Don Berna"), Hernan Giraldo (alias "Pablo Sevillano") et Ramiro Vanoy (alias "Cuco Vanoy"), font partie des 14 personnes qui ont été extradées, a rapporté le quotidien El Tiempo sur son site internet.

Les avocats des dirigeants paramilitaires ont affirmé n'avoir pas même été informés par les autorités du départ de leurs clients vers les prisons américaines. "Nous sommes atterrés et pensons que le processus de paix avec les paramilitaires n'existe plus en Colombie car le gouvernement n'a pas respecté sa parole", a déclaré à la presse German Naverrete, l'avocat de "Cuco Vanoy". Le président Alvaro Uribe a justifié ces extraditions dans une allocution télévisée au pays.

"La décision a été prise parce que certains (paramilitaires) continuaient à se livrer à la délinquance, que d'autres ne coopéraient pas convenablement avec la justice et que tous ne respectaient pas le cadre de l'indemnisation des victimes en occultant des biens ou en retardant leur remise", a déclaré M. Uribe. Bogota a obtenu l'accord des Etats-Unis "pour que la Colombie puisse envoyer des représentants aux procès des paramilitaires afin de continuer à rechercher la vérité", a ajouté le chef de l'Etat.

L'opposition colombienne accuse M. Uribe d'extrader ces responsables paramilitaires pour entraver les enquêtes en cours de la justice sur leurs liens avec les partis politiques, notamment les députés de la majorité présidentielle. "Le gouvernement envoie aux Etats-Unis les chefs paramilitaires qui ont conclu des accords avec des politiques", a déclaré à l'AFP l'ancien candidat libéral (opposition) à la présidence Rafael Pardo.

Ivan Cepeda, représentant la défense des victimes, présent à l'aéroport militaire, a qualifié cette décision "de coup bas du gouvernement" visant à empêcher "l'identification des complices (des paramilitaires) parmi les hommes politiques, les militaires et les acteurs économiques dont une partie font l'objet d'enquêtes de la Cour Suprême de justice". Les exactions des miliciens ont fait plus de 15.000 morts ces dernières années. Le 7 mai, Bogota avait déjà extradé aux Etats-Unis pour trafic de drogue le plus grand chef paramilitaire Carlos Mario Jimenez, alias "Macaco" ("Macaque").

Les responsables de ces milices d'extrême droite, qui comptaient près de 31.000 combattants, avaient tenté en avril 2006 en se démobilisant de bénéficier de la loi "Justice et paix", qui stipulait que les paramilitaires qui déposaient volontairement les armes ne pouvaient encourir une peine supérieure à huit ans de prison quelle que soit la nature de leurs crimes. Ces groupes avaient été formés il y a trente ans par les grands propriétaires terriens pour se défendre des mouvements de guérilla.

Etroitement liés à certains responsables politiques proches pour certains du président Uribe, ils ont commis des massacres de civils, ainsi que des meurtres ciblés d'élus de gauche, de syndicalistes et de journalistes. Pour financer leurs actions, ils ont eu recours régulièrement au trafic de cocaïne. (belga)

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