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Geste exceptionnel de Berlusconi qui reçoit le chef de l'opposition

Le nouveau chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a reçu vendredi son rival de gauche aux dernières élections, Walter Veltroni, pour parler des réformes institutionnelles, un geste sans précédent dans l'histoire politique récente du pays.

"Nous avons parlé aujourd'hui des réformes institutionnelles", a déclaré à la presse Walter Veltroni, le chef du Parti démocrate (PD) à l'issue d'une rencontre d'une quarantaine de minutes. MM. Berlusconi et Veltroni sont notamment d'accord pour renforcer les pouvoirs du chef du gouvernement et réduire le nombre de parlementaires ainsi que le rôle du Sénat.

"Il est normal que l'on recherche une convergence sur les règles du jeu" avec Silvio Berlusconi, a déclaré M. Veltroni pour justifier sa rencontre avec le chef du gouvernement, ajoutant qu'elle serait suivie de rendez-vous réguliers. "Il y aura une confrontation âpre sur les programmes", a-t-il cependant assuré. Jamais Silvio Berlusconi qui a accédé pour la première fois au pouvoir en 1994 n'avait été reçu au gouvernement lorsqu'il était dans l'opposition.

Les relations entre le Cavaliere et son vieil adversaire Romano Prodi qui l'a battu deux fois (1996 et 2006) étaient exécrables. Signe du nouveau climat que MM. Berlusconi et Veltroni ont voulu instaurer dans les rapports entre pouvoir et opposition, le chef du PD a tenu sa conférence de presse dans la salle de presse de la présidence du Conseil des ministres.

Cette tentative de trouver un terrain d'entente entre la majorité de Silvio Berlusconi et le PD n'est pas du goût des autres opposants au Cavaliere, notamment des communistes qui ont dénoncé un "coup d'Etat". "La magouille entre Veltroni et Berlusconi s'apparente à un coup d'Etat car elle prive le Parlement" de ses pouvoirs de "discuter des choix politiques et des réformes institutionnelles", a déclaré Manuela Palermi, une dirigeante des communistes du PDCI. MM Berlusconi et Veltroni "ont décidé de régler à deux le sort de la République italienne", a-t-elle accusé.

Les communistes, qui sont absents pour la première fois du Parlement depuis 1946 ne décolèrent pas contre M. Veltroni, estimant que sa décision de se présenter seul aux législatives d'avril est à l'origine de leur échec. La main tendue de Silvio Berlusconi à l'opposition de centre gauche suscite des tiraillements jusqu'au sein du PD, selon la presse, certains responsables craignant qu'il ne s'agisse d'un piège. Le chef du gouvernement n'a pour sa part fait aucune déclaration sur cette entrevue qui s'est déroulée en tête-à-tête. (belga/7sur7)
16/05/08 15h42
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