La Commission européenne "ne peut pas dicter le salaire" des patrons
La Commission européenne "n'a pas de pouvoirs directs" pour limiter les salaires des patrons, dont les excès ont pourtant été vigoureusement dénoncés mardi soir à l'Eurogroupe, a indiqué vendredi la porte-parole du commissaire aux affaires économiques et financières, Joaquin Almunia.
Interrogée sur les déclarations de président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, elle a indiqué que la Commission entendait simplement "poursuivre la réflexion en la matière", en vue d'atteindre "un peu plus de transparence". Elle a par contre rejeté des suggestions selon lesquelles la Commission pourrait "regarder les instruments fiscaux" pour combattre les rémunérations excessives. "Nous ne sommes pas au point de dicter les salaires du privé", a-t-elle affirmé.
La porte-parole de Laszlo Kovacs, le commissaire à la fiscalité a confirmé cette interprétation. "La taxation directe relève de la compétence des Etats membres", a-t-elle dit, excluant que l'exécutif européen prenne des initiatives en la matière. La Commission avait adopté en 2004 des recommandations préconisant plus de transparence et de une plus grande participation des actionnaires dans la détermination des salaires.
Dans un rapport de suivi présenté en juillet dernier, elle a noté que "les normes en matière d'information sur les rémunérations sont largement appliquées, mais l'idée d'impliquer pleinement les actionnaires dans les décisions concernant la politique de rémunération suscite toujours des réticences". Les rémunérations de certains patrons ont été durement critiquées mardi soir par le chef de file des ministres des Finances de la zone euro (Eurogroupe), le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker.
Ce dernier a qualifié de "proprement scandaleux" les "dérapages" des salaires. Parlant d'un "fléau social", il a annoncé que les pays européens examineraient des mesures à prendre "pour lutter contre ces excès". Cette sortie a été perçue comme une manière de rassurer les salariés, qui peinent à comprendre les salaires mirobolants des grands patrons dans un contexte où eux-mêmes sont appelés à la modération salariale.
La capacité - ou la volonté - réelle des dirigeants européens à limiter la salaires des patrons peut toutefois être mise en doute, même si certains pays, comme les Pays-Bas, ont adopté des législations pour limiter les "parachutes dorés". (belga/7sur7)