Bush boucle un voyage au Proche-Orient

Le président américain George W. Bush achevait dimanche en Egypte un voyage de cinq jours au Proche-Orient par un discours qui lui fournissait une dernière chance d'annoncer quelques progrès dans les efforts pour la paix entre Israéliens et Palestiniens.
A défaut, cette tournée en Israël, en Arabie Saoudite et en Egypte aurait un air de déjà vu: quatre mois plus tôt, il était rentré de la région sans avancée majeure dans les négociations israélo-palestiniennes. Cette fois-là, il n'était pas non plus parvenu à convaincre le grand allié saoudien d'intervenir pour que l'Opep augmente sa production de pétrole et soulage l'économie américaine.
Quatre mois plus tard, le scepticisme quant aux chances qu'Israéliens et Palestiniens s'entendent avant la fin de sa présidence, en janvier 2009, risquerait de se renforcer un peu plus si M. Bush ne donnait aucune impression de progression. Dans son discours, prévu vers 15H00 locales (12H00 GMT) à Charm el-Cheikh, il signifiera croire "clairement" en la possibilité de "réussir à définir un Etat (palestinien) avant la fin de (sa) présidence", comme il l'a dit samedi.
Liberté politique et économiqueM. Bush s'exprimera lors d'un Forum pour l'économie du Proche-Orient, qui rassemble des dirigeants de la région. "Je dirai clairement que le seul moyen d'assurer une prospérité véritable, c'est d'étendre la liberté politique et économique. Et je presserai les dirigeants de toute la région de rejeter ceux qui gâchent tout, comme les régimes en place en Iran et en Syrie, de dépasser les vieilles querelles et d'embrasser le changement", a-t-il prévenu.
"Vieilles querelles"L'appel à surmonter les "vieilles querelles" est destiné aux Palestiniens, et plus globalement aux Arabes pour qu'ils se réconcilient avec les Israéliens. M. Bush a reconnu lui-même qu'y arriver ne serait "pas facile". Aussi bien les Palestiniens que les Arabes ont fait savoir que, pour eux, M. Bush devait faire plus et amener les Israéliens à plus de concessions. Ils redoutent que M. Bush se contente d'un accord a minima pour ne pas lier les mains des Israéliens et revendiquer un succès diplomatique avant la fin de son mandat.
"Définir" à quoi ressemblerait un Etat palestinien, comme M. Bush veut le faire, "c'est bien, mais ça ne suffit pas. Nous avons besoin d'un accord que nous pouvons commencer à appliquer, sinon (...) cela ne nous mènera à rien cette année", a dit à l'AFP Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, après des entretiens entre MM. Abbas et Bush.
AnniversaireAu Proche-Orient, M. Bush, qui aura attendu sept ans pour se rendre en Israël et dans les Territoires en janvier, a de nouveau été confronté à la conviction largement répandue qu'il était l'homme des Israéliens. Il a suscité une forte réprobation en participant au 60e anniversaire d'Israël sans retourner dans les Territoires, où cette date est commémorée comme une "Catastrophe".
Il s'est défendu samedi de tout parti pris, et s'est engagé auprès de M. Abbas à oeuvrer à un accord de paix. Il a affirmé que les souffrances des Palestiniens, qu'il n'avait pas évoquées deux jours plus tôt devant le parlement israélien, lui brisaient le coeur, avant de s'éloigner main dans la main avec M. Abbas. Avant son discours dimanche, M. Bush devait avoir des entretiens bilatéraux avec le Premier ministre pakistanais Yousaf Raza Gilani, le roi Abdallah II de Jordanie, le Premier ministre palestinien Salam Fayyad, les vice-président et vice-Premier ministre irakiens, Adel Abdel Mehdi et Barham Ahmed Saleh.
Au terme de son discours, il devait rentrer à Washington, pour y retrouver la politique américaine. Celle-ci n'aura pas été absente de sa tournée: des propos de M. Bush sur le refus de parler aux extrémistes ont été interprétés aux Etats-Unis comme sa première attaque contre le candidat à l'investiture démocrate à la présidentielle, Barack Obama, et sa première intervention dans la campagne. (afp/7sur7)