La Birmanie veut organiser une conférence de donateurs
La Birmanie souhaite organiser fin mai à Rangoun une conférence des donateurs afin de canaliser l'aide étrangère en faveur des survivants du cyclone, a affirmé lundi Noppadon Pattama, le chef de la diplomatie thaïlandaise.
Nyan Win, chef de la diplomatie birmane, informera ses partenaires asiatiques de cette décision dans la journée lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean). Cette réunion a été convoquée pour examiner les moyens de venir en aide à la Birmanie deux semaines après le cyclone dévastateur Nargis qui a fait près de 134.000 morts et disparus selon un bilan officiel.
VisitesLe secrétaire général de l'Asean, Surin Pitsuwan, doit également se rendre en Birmanie afin de se rendre compte de l'étendue du sinistre, selon la même source. Par ailleurs, la Birmanie a invité des représentants de 29 pays à visiter des zones du delta de l'Irrawaddy (sud-ouest) dévastées par le cyclone Nargis dès mercredi.
Un responsable du ministère japonais des Affaires étrangères a confirmé que le Japon avait été invité pour "une visite d'inspection" et qu'il étudiait la proposition birmane. Mais le ministère n'a pas confirmé l'envoi d'invitations à 28 autres pays par la junte. Selon le journal Yomiuri, les invitations du pouvoir birman ont été adressées à des pays amis du régime, comme l'Inde et la Chine, mais aussi aux Etats-Unis et à des pays européens, critiques de la junte militaire.
Désespérés
Sur le terrain, la situation était restait désespérée dimanche pour de nombreux survivants du cyclone Nargis plus de quinze jours après la catastrophe, alors qu'un haut responsable de l'ONU arrivait à Rangoun pour tenter d'élargir considérablement les opérations internationales de secours. Un porte-parole du secrétaire général de l'ONU, a annoncé que Ban Ki-moon, allait se rendre cette semaine en Birmanie pour discuter de l'acheminement de l'aide internationale aux sinistrés.
Des témoins venant de la région du delta de l'Irrawaddy --la plus touchée par Nargis qui a fait 133.600 morts et disparus selon un bilan officiel-- ont pris le contre-pied de la propagande du régime et ont affirmé que les généraux birmans ne distribuaient pas de vivres à tout le monde.
Aide insuffisanteLes derniers rapports de situation de l'ONU dressaient un bilan plus que mitigé sur la distribution de l'aide internationale. Le gouvernement birman et des organisations humanitaires "atteignent un nombre croissant" de personnes parmi les deux millions de sinistrés, mais "les niveaux d'aide arrivant dans le pays restent bien en deçà de ce qui est requis sur le terrain", indiquait un document.
L'aide de la communauté internationale, qui devrait être massive, n'a atteint que 500.000 personnes. Samedi, des dirigeants occidentaux avaient fustigé le refus des généraux birmans d'accepter une aide massive. Le "traitement" par ce régime de ses concitoyens sinistrés est "inhumain", a dit le Premier ministre britannique Gordon Brown, dont le pays était la puissance coloniale en Birmanie jusqu'en 1948. Le président George W. Bush a, pour sa part, prolongé d'une année les premières sanctions américaines prises en 1997 contre la junte.