Fausto Pocar.
Les principaux fugitifs du TPIY, les ex-chefs politique et militaire serbes bosniaques, Radovan Karadzic et Ratko Mladic inculpés de génocide, doivent être arrêtés et jugés, a réitéré lundi le président de cette cour, Fausto Pocar.
"J'ai clairement fait savoir au Conseil de sécurité des Nations unies (...) que le tribunal ne devait pas fermer ses portes tant qu'ils ne sont pas arrêtés et jugés", a déclaré M. Pocar à la presse à l'issue d'un entretien à la présidence bosniaque. "Karadzic, Mladic, Zupljanin et Hadzic doivent être arrêtés", a-t-il dit. Stojan Zupljanin est un ex-responsable policier serbe bosniaque pendant la guerre qui a ravagé la Bosnie (1992-95). Goran Hadzic est un ancien dirigeant serbe de Croatie pendant le conflit serbo-croate (1991-1995).
Leur fuite représente "un obstacle majeur à l'accomplissement avec succès du mandat du tribunal", mais aussi un test pour "la crédibilité de l'engagement de la communauté internationale en faveur de la justice", a ajouté M. Pocar, qui a entamé lundi une visite de trois jours en Bosnie. Il est prévu que le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) ferme ses portes en 2010, mais le parquet et le président de la cour ont déjà demandé à plusieurs reprises au Conseil de sécurité de l'ONU de repousser cette date.
Le TPIY a été mis en place en 1993 pour juger les plus hauts responsables de crimes de guerre commis pendant les conflits dans l'ex-Yougoslavie dans les années 1990. M. Pocar doit se rendre mardi à Foca, en Bosnie orientale, où il visitera la prison d'où s'est enfui en mai 2007 un criminel de guerre serbe bosniaque, Radovan Stankovic, que la justice locale avait condamné peu avant à 20 ans de prison. Le dossier de Stankovic avait été transféré en 2005 à la justice bosniaque par le TPI.
M. Pocar s'est dit "bouleversé et préoccupé" par cet incident et ajouté qu'il ne se serait pas produit si les gardiens de la prison avaient été entraînés de façon adéquate et si la prison avait été mieux équipée. Ex-militaire serbe bosniaque, Stankovic a été reconnu coupable notamment de viols et mise en esclavage de femmes musulmanes de Foca pendant le conflit. (belga)


