Une association basée en Suisse a annoncé mardi avoir déposé plainte devant la Cour pénale internationale (CPI) contre le président congolais Joseph Kabila. Elle lui reproche d'avoir commandité à la police et à l'armée des actes de torture, des assassinats et des exécutions.
L'association humanitaire 11 AIDE (Assistance interactive pour la démocratie et l'éducation) de Vernay, dans le canton de Fribourg, a déposé cette plainte "pour crime contre l'humanité, crime de guerre et crime d'agression" le 20 mars.
Crimes
Dans une réponse datée du 7 avril, la CPI, basée à La Haye, indique avoir inscrit cette plainte "au registre des communications du Bureau (du procureur)". Elle recevra "toute l'attention voulue, conformément aux dispositions du Statut de Rome de la Cour pénale internationale", précise la CPI. Le secrétaire de l'association 11 AIDE, Gérard Ducarroz, a expliqué vouloir agir en "défense de la population congolaise".
Selon les auteurs de la plainte, les exactions dénoncées, qui ont fait des milliers de morts, ont été commises "depuis 1998, avant et pendant la présidence de Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila", arrivé au pouvoir en janvier 2001, après l'assassinat de son père, Laurent-Désiré Kabila, et élu à l'issue d'un scrutin démocratique en novembre 2006. Ils reprochent au président de la RDC des crimes contre l'humanité, de guerre et d'agression.
Plainte
L'association utilise ainsi le nom d'Hyppolite Kanambe, à consonance tanzanienne que les adversaires de M. Kabila lui attribuent, dans le but de contester sa nationalité congolaise. Elle affirme avoir "récolté de nombreuses informations sur des crimes graves commis par le président Hyppolite Kanambe, alias Joseph Kabila".
Selon elle, ces informations sont rassemblées dans un document accablant de sept pages résumant les faits rapportés par des témoins directs, des victimes ou des parents qui résident toujours en RDC, certains étant en détention, d'autres occupant des fonctions politiques et militaires proches de la présidence", justifiant la discrétion sur leur identité "par crainte évidente de représailles".
La plainte concernant des crimes contre l'humanité, de guerre, d'agression pour des opérations menées depuis 1998 et qui auraient fait "des milliers de morts anonymes", des "violences sexuelles planifiées et instrumentalisées en connivence avec le Rwanda", et du crime organisé, en particulier le trafic de matières radioactives et le blanchiment.


