Zapatero rejette le plan du nationaliste basque Ibarretxe

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Par: rédaction
20/05/08 - 16h33

Le chef du gouvernement régional basque, le nationaliste Juan José Ibarretxe, a essuyé mardi un nouveau refus du chef de gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero sur son nouveau plan souverainiste pour le Pays Basque lors d'une réunion à Madrid.

M. Ibarretxe a présenté à M. Zapatero sa "feuille de route" sur l'avenir institutionnel du Pays Basque, qui passe par une reconnaissance par Madrid du droit à l'auto-détermination pour les Basques et prévoit la convocation de deux consultations populaires régionales d'ici 2010, dont une fin octobre.

Pas d'avancée
Après deux heures et demi d'entretien au siège de la présidence du gouvernement espagnol, il a déclaré s'être heurté à un "mur" et avoir trouvé un Zapatero "sur la défensive". Mais "le peuple basque est tenace et son chef de gouvernement aussi. Nous avons encore le temps" de trouver un accord, a déclaré M. Ibarretxe à l'issue de la réunion.

"Le gouvernement espagnol ne soutient pas" la proposition du dirigeant basque car elle "ne réunit pas l'immense majorité des Basques" et "ne respecte par les procédures démocratiques", prévues par la Constitution espagnole, a expliqué ultérieurement M. Zapatero.

Large autonomie
M. Zapatero a souligné qu'il n'était pas opposé à une éventuelle révision du statut de "large autonomie" dont jouit déjà le Pays Basque espagnol, "à condition qu'elle soit le fruit d'un large accord entre les partis politiques basques" et qu'elle suive "les procédures prévues par la Constitution".

M. Zapatero a qualifié le projet de M. Ibarretxe d'"aventure" et de "voyage qui ne mène nulle part", le jugeant "inutile et inapproprié parce qu'il divise les Basques et sème la confusion". Le chef du gouvernement basque a, pour sa part, dit ne pas comprendre la position du Parti socialiste qui était, selon lui, "disposé à signer en octobre 2006" un accord similaire à sa propre proposition, dans le cadre du dernier processus de paix manqué avec l'ETA.

Consultation
Il a refusé de dire si, en cas de désaccord persistant avec M. Zapatero, il maintiendrait ou non son projet de consultation populaire en octobre 2008 ou s'il prévoyait de convoquer des élections régionales anticipées, comme il avait menacé, en septembre dernier, de le faire.

Cet entretien est intervenu dans un contexte tendu, alors que l'organisation indépendantiste ETA a fait monter la pression en commettant deux puissants attentats à la fourgonnette piégée au Pays Basque en une semaine, dont l'un a coûté la vie mercredi dernier à un garde civil espagnol.

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