Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé mardi que le moment était "critique" pour la Birmanie, où l'aide humanitaire internationale n'a pu atteindre selon lui qu'environ 25% des sinistrés du cyclone Nargis.
"Le moment est critique pour la Birmanie. Nous avons mis en place un programme de secours opérationnel mais jusqu'à présent nous n'avons pu atteindre qu'environ 25% des personnes qui en ont besoin", a-t-il dit.
Sympathie
M. Ban, qui partait peu après pour la Thaïlande puis la Birmanie où il est attendu jeudi matin, a indiqué que le but de son voyage était de "démontrer sa sympathie pour le peuple et le gouvernement de Birmanie en ces temps de crise". "Je veux aussi me rendre compte par moi-même de la situation sur le terrain, en particulier dans les zones les plus affectées par ce désastre sans précédent dans l'Histoire de la Birmanie", a-t-il ajouté.
Il a souligné que son rôle et celui de l'ONU, "en étroite coopération avec l'Asean (Association des nations d'Asie du sud-est, dont la Birmanie est membre) et le gouvernement birman", sera "d'assurer que tous ces efforts soient bien coordonnés et soient aussi efficaces que possible, dans ces circonstances difficiles".
M. Ban a indiqué qu'il espérait rencontrer le chef de la junte birmane, le généralissime Than Shwe, lors de son séjour en Birmanie. Depuis la catastrophe, survenue le 3 mai, M. Ban a tenté de nombreuses fois de joindre le général Than Shwe au téléphone, toujours sans succès.
Autorisation
M. Ban a noté un certain assouplissement des autorités birmanes vis-à-vis de l'aide de l'ONU, indiquant qu'elles venaient d'autoriser le Programme alimentaire mondial (PAM) à commencer des livraisons avec neuf hélicoptères. La Birmanie, en deuil depuis mardi pour les 133.600 morts et disparus du cyclone Nargis, a donné ces derniers jours quelques signes d'une plus grande ouverture à l'égard de la communauté internationale.
Au pouvoir depuis 1962, les généraux sont sous pression internationale pour ouvrir très largement la porte à une opération de secours de grande ampleur qui pourrait soulager 2,4 millions de sinistrés, dont la majorité sont désespérés et manquent de tout.
Redoutant une "deuxième catastrophe", M. Ban est attendu jeudi en Birmanie pour persuader la junte, jalouse de sa souveraineté et méfiante à l'égard des Occidentaux, de laisser monter en puissance l'effort international. Après un aller-retour en Thaïlande samedi, il retournera dimanche à Rangoun pour co-présider une conférence d'appels de fonds pour la Birmanie.


