Le numéro un de l'ETA arrêté près de Bordeaux
Le numéro un présumé de l'ETA, Javier Lopez Peña, dit "Thierry", a été interpellé mardi soir à Bordeaux (sud-ouest de la France) avec trois activistes, lors d'un coup de filet majeur contre le groupe indépendantiste basque, ont annoncé des sources anti-terroristes espagnoles.
Les interpellations se sont produites vers 23H30 (21H30 GMT) dans un appartement du centre de Bordeaux, dans le cadre d'une opération conjointe entre la police et la garde civile espagnole. L'arrestation de "Thierry" est le coup le plus dur porté à l'ETA depuis l'arrestation en octobre 2004 - dans le sud-ouest de la France - de son ex-numéro un, Mikel Albizu, alias "Mikel Antza".
AttentatsThierry, 49 ans, aurait pris la direction de l'appareil politique de l'organisation clandestine en 2006, à l'époque des négociations finalement avortées entre l'ETA et le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, selon des sources proches de l'enquête.
Il aurait ainsi succédé à ce poste à José Antonio Urrutikoetxea alias "Josu Ternera", avec lequel il dirigerait collégialement la structure militaire de l'organisation, avec Aitzol Iriondo, alias "Gurbitz". En fuite depuis 1983, il serait considéré par le ministère espagnol de l'Intérieur comme l'un des responsables de l'attentat spectaculaire de décembre 2006 à l'aéroport de Madrid (2 morts) par lequel l'ETA avait de facto rompu son cessez-le-feu permanent décrété en mars de la même année.
Complices"Thierry" aurait également directement participé aux négociations avortées de 2006 entre l'ETA et le gouvernement espagnol, et joué un rôle déterminant dans la rupture de la trêve. Les trois autres personnes interpellées sont Ainhoa Zaeta Mendiondo, Igor Suberbiola et Jon Salaberria. Ainhoa Ozaeta, compagne sentimentale du fils de Josu Ternera, Ekatiz Urrutikoetxea, lui-même membre de l'ETA, est soupçonnée d'être la femme qui avait lu le communiqué de l'organisation armée annonçant officiellement la fin de sa trêve, en juin 2007.
Jon Salabarria, ancien député régional basque de Batasuna, le bras politique interdit de l'ETA, avait pris la fuite en 2005 alors qu'un juge d'instruction madrilène avait engagé contre lui des poursuites pour appartenance au groupe armé dans le cadre d'une enquête sur son financement. Igor Suberbiola a fait partie d'un mouvement de jeunesse indépendantiste basque proche de l'ETA avant de rejoindre l'organisation dans la clandestinité.
Arrestation"Gora ETA! (Vive l'ETA!), nous vaincrons!", ont crié les quatre activistes en sortant dans la rue menottés et encadrés de policiers qui les ont emmenés en garde à vue. Ils ont été interpellés près du lieu où a été découvert le 8 mai un véhicule utilisé par les membres de l'ETA qui ont abattu de sang froid deux gardes civils espagnols en mission de renseignement à Capbreton (sud-ouest de la France), le 1er décembre 2007.
Ces interpellations interviennent alors que l'ETA a perpétré en l'espace d'une semaine deux puissants attentats à la voiture piégée au Pays Basque. L'un de ces attentats, perpétré mercredi dernier contre une caserne à Legutiano, a coûté la vie d'un militaire et en a blessé quatre autres.