Bruno Mégret tire sa révérence politique, sans repentance

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Par: rédaction
23/05/08 - 17h53

Bruno Mégret, l'ancien lieutenant de Jean-Marie Le Pen qui voulait s'imposer comme le nouveau leader à l'extrême droite de l'échiquier politique français, a tiré vendredi sa révérence de la scène publique, en attribuant son échec au "politiquement correct".

M. Mégret a annoncé qu'il partait travailler à l'étranger pour une grande entreprise française, après "être arrivé au bout" de sa démarche qui était de "construire une grande force politique de droite capable de parvenir au pouvoir pour enrayer le déclin de notre nation", mais qu'il n'a pu concrétiser.

Le président du Mouvement national républicain (MNR), fondé en 1999 après une spectaculaire scission du Front national (FN), n'a pas voulu faire de "repentance", une notion qui n'est pas sa tasse de thé, comme il l'a souligné.

Il a attribué son échec à son rejet du "politiquement correct", cette "chape de plomb qui empêche les idées non conformes pourtant largement partagées par les Français de s'exprimer médiatiquement et d'être représentées politiquement".

"On peut à la rigueur ne pas être politiquement correct, à condition de ne pas viser le pouvoir", a-t-il dit en tirant le bilan de sa carrière. "C'est le cas de Le Pen, qui était toléré, accepté et dont on s'est servi". "Mais ne pas être politiquement correct et rechercher le pouvoir, ça c'est l'interdiction totale, le mur absolu auquel je me suis heurté", a-t-il dit.

M. Mégret a prédit que le FN allait "disparaître" à plus ou moins brève échéance, mais que la "droite nationale" allait "réapparaître" un jour, "sous une forme moderne, renforcée". Il a fustigé l'attitude de Marine Le Pen, l'étoile montante du FN, qui avait mis ces dernières années son veto à tout rapprochement entre M. Mégret et le Front national.

"Marine Le Pen considère que tous les gens qui ont une certaine importance doivent être écartés de son voisinage", a-t-il ironisé.
Un rapprochement du MNR avec Marine Le Pen ne "se fera jamais", "c'est la position de l'immense majorité des membres du MNR", a-t-il précisé.

Pourtant certains cadres dirigeants du MNR ne se sont pas cachés ces derniers temps d'avoir eu des contacts avec elle, pour discuter d'un éventuel rapprochement entre les deux partis frères ennemis.
M. Mégret, 59 ans, a indiqué qu'il partait "pour de nombreuses années", mais n'a pas totalement exclu un retour un jour à la vie politique. "Si dans quelques années la situation politique a complètement changé, si on me demande de revenir dans le cadre d'un renouveau de notre famille politique, on verra", a-t-il dit.

Il laisse un parti exsangue, qui revendique encore "8 à 9.000 adhérents" selon son trésorier Alain Vauzelle, mais a encore 1,5 million d'euros de dette à payer, selon la même source.

Le MNR n'a pas réussi un score électoral suffisant aux législatives pour continuer à toucher une subvention publique. Il va vendre son siège dans le XVème arrondissement de Paris, et en racheter un autre moins coûteux, a annoncé M. Mégret, qui reste président jusqu'en juin. (belga)

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