La junte birmane a demandé aux donateurs privés de cesser de distribuer de l'aide aux rescapés du cyclone sur les routes du sud-ouest, parce que certains Birmans non sinistrés en profiteraient, selon des tracts distribués samedi par des militaires aux portes de Rangoun.
Dans ce texte, il est expliqué aux "chers donateurs" que le Conseil d'Etat pour la Paix et le Développement (SPDC, la junte militaire) "a achevé la phase de sauvetage des victimes" et "poursuit les travaux de reconstruction" après le cyclone Nargis qui a dévasté des régions du delta de l'Irrawaddy et de Rangoun les 2 et 3 mai.
La catastrophe a fait au moins 133.600 morts et disparus et 2,4 millions de sinistrés.
"Les donateurs offrent de l'aide aux gens qui se trouvent sur les bords des routes", écrit la section locale du SPDC dans ce tract.
Selon ce communiqué, "des enfants et des adultes, qui ne sont pas des victimes" viennent aussi se masser sur les chemins des régions les plus détruites pour réclamer des vivres.
"C'est pour cela qu'il est conseillé aux donateurs de ne pas distribuer à n'importe qui", demande le texte.
"Nous les incitons à contacter directement les autorités des lieux où ont été dressés des camps de réfugiés" afin, poursuit le tract, de ne pas "susciter le mépris des touristes" ni d'entacher "la dignité des Birmans".
De nombreux Birmans, touchés par la situation désespérée de leurs compatriotes, organisent eux-mêmes des convois apportant des vivres et des biens de première nécessité. Ils empruntent à partir de Rangoun les routes à destination du delta où de très nombreux barrages ont été installés.
L'aide étrangère n'a "pu atteindre qu'environ 25%" des 2,4 millions de sinistrés, selon l'ONU. (afp)


