L'ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) Jean-Pierre Bemba a été placé sous mandat d'arrêt dimanche après-midi à Bruxelles, a confirmé le parquet fédéral. L'ancien rebelle du Mouvement de libération du Congo (MLC) a été arrêté samedi soir dans la région bruxelloise à la demande de la Cour pénale internationale (CPI). Il comparaîtra dans les cinq jours devant la chambre du conseil.
Au lendemain de son arrestation, M. Bemba a été présenté dimanche après-midi à un juge d'instruction qui l'a placé formellement sous mandat d'arrêt. "Il s'agit d'une formalité", a précisé Lieve Pellens, porte-parole du parquet fédéral. Le juge d'instruction ne s'est pas prononcé sur le fond, a-t-elle ajouté.
Crimes de guerre
Jean-Pierre Bemba, arrêté samedi à Bruxelles, est poursuivi par le procureur de la CPI pour deux chefs de crimes contre l'humanité et quatre chefs de crimes de guerre, dans le cadre de l'enquête sur les crimes commis à grande échelle en Centrafrique.
La chambre du conseil devra examiner dans les cinq jours la décision du juge d'instruction, pour vérifier que la procédure est conforme. M. Bemba pourra ensuite faire appel de la décision de le maintenir en détention avant son extradition vers La Haye (Pays-Bas).
Procédure
Pour que cette extradition soit possible, la CPI devra envoyer avant trois mois une demande de mandat d'arrêt définitif et une demande de remise de M. Bemba. Cette procédure passera par une nouvelle comparution devant la chambre du conseil, avec à nouveau possibilité d'appel voire de Cassation, le tout devant prendre environ deux à trois mois, selon le parquet fédéral.
L'ancien rebelle congolais, devenu vice-président durant la transition de 2003-2006, rival malheureux du président Joseph Kabila lors de l'élection présidentielle de 2006 puis élu sénateur d'opposition début 2007, est suspecté de crimes sexuels en République centrafricaine (RCA) en 2002-2003.
"Les membres du Mouvement de Libération du Congo (MLC) menés par Jean-Pierre Bemba ont commis, dans le cadre d'une attaque systématique généralisée contre la population civile, des viols, des actes de torture, des atteintes à la dignité de la personne, des traitements dégradants et des pillages" entre octobre 2002 et mars 2003, selon le procureur.


