L'Union européenne et le Turkménistan ont signé un protocole d'accord sur la coopération énergétique, ont rapporté mardi les médias turkmènes, alors que l'Europe veut renforcer sa présence en Asie centrale pour diversifier ses approvisionnements en hydrocarbures.
Le document a été signé lundi à Achkhabad par le Commissaire européen à l'Energie Andris Pielbags et le président de cette ex-république soviétique riche en gaz, Gourbangouly Berdymoukhamedov, a rapporté le journal officiel Neutralny Turkménistan, sans préciser le contenu du document. "Le Turkménistan peut être une destination attractive pour des investissements de l'UE pour développer de nouveaux champs gaziers et pétroliers, et l'UE représente un marché attrayant de consommateurs pour les produits énergétiques turkmènes", a noté M. Pielbags, dans un communiqué européen.
Européens et Turkmènes s'étaient engagés en avril à préparer un tel protocole d'accord en marge d'un sommet dans la capitale turkmène réunissant les ministres des Affaires étrangères d'Asie centrale et les responsables de la diplomatie communautaire. Selon la Commission européenne, le Turkménistan avait alors aussi promis de fournir 10 milliards de m3 de gaz par an à l'Union européenne dès 2009, alors que l'Europe, inquiète de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, cherche à diversifier ses approvisionnements. Achkhabad, qui n'a pas confirmé cette information, doit déjà livrer à compter de l'an prochain 30 milliards de m3 de gaz par an à la Chine, et en exporte déjà 50 milliards de m3 vers la Russie.
Mais avec une production de 72,3 milliards de m3 en 2007, dont quelque 20 milliards sont consommés localement, le Turkménistan doit considérablement augmenter sa production pour respecter ses déclarations d'intention. Le Turkménistan a indiqué viser une production gazière de 250 milliards de m3 à l'horizon 2030, et un audit de ses réserves, actuellement estimées à 2.100 milliards selon des appréciations conservatrices, est en cours. Depuis son arrivée au pouvoir en février 2007, le président Berdymoukhamedov s'efforce d'ouvrir l'économie du Turkménistan, qui était devenu l'un des pays les plus reclus au monde sous le joug du fantasque Saparmourat Niazov, mort fin 2006. (belga)


