Juan José Ibarretxe, chef du gouvernement régional basque.
Le chef du gouvernement régional basque, le nationaliste Juan José Ibarretxe, a détaillé mercredi son projet controversé d'organiser une "consultation populaire" le 25 octobre au Pays Basque (nord) sur le droit des Basques à décider de leur futur. Le gouvernement basque a approuvé dans la matinée ce projet de consultation qui sera soumis à l'approbation du Parlement régional basque fin juin, alors que les socialistes au pouvoir à Madrid ont annoncé qu'il s'y opposeraient en présentant un recours devant le Tribunal constitutionnel.
M. Ibarretxe, promoteur de cette consultation qui s'intègre à sa "feuille de route" pour régler le problème basque, a dévoilé lors d'une conférence de presse à Vitoria (Pays Basque) les deux questions qu'il entend soumettre aux Basques le 25 octobre:
1: "Etes-vous d'accord pour appuyer un processus de fin négociée de la violence si l'ETA manifeste au préalable, sans équivoque, sa volonté de mettre fin pour toujours à la violence?".
2: "Etes-vous d'accord pour que les partis politiques basques, sans exclusions, entament un processus de négociation pour parvenir à un accord démocratique sur l'exercice du droit à décider du peuple basque, et que cet accord soit soumis à référendum (régional) avant la fin de l'année 2010?".
M. Zapatero avait déjà rejeté en bloc le plan souverainiste de M. Ibarretxe, lors d'une réunion à Madrid avec ce dernier le 20 mai, le qualifiant de contraire à la Constitution et de "voyage qui ne mène nulle part". Il avait souligné ne pas être opposé à un élargissement du statut de large autonomie dont jouit déjà le Pays Basque espagnol, "à condition qu'il soit le fruit d'un large accord entre les partis politiques basques" et suive "les procédures prévues par la Constitution".
Cela passerait par l'approbation d'un projet de statut d'autonomie rénové par le parlement régional basque, qui devrait ensuite être validé par le parlement de Madrid et ratifié lors d'un référendum régional, comme ce fut le cas pour le nouveau statut de la Catalogne approuvé en 2006. M. Ibarretxe, membre du Parti nationaliste basque (PNV), a déploré mercredi que sa "main tendue" au gouvernement soit "en permanence rejetée".
Il a dit ne pas accepter que l'ETA décide de l'agenda politique sur le Pays Basque en décidant "quand on peut parler, en déclarant une trêve" ou en mettant fin à toute discussion en la rompant, en référence aux discussions avortées de 2006 entre l'organisation indépendantiste armée et le gouvernement socialiste. La ministre des Administrations publiques, Elena Salgado a exprimé la "totale opposition" du gouvernement à des "projets unilatéraux, qui n'aident pas au nécessaire consensus, divisent la société basque et se situent en-dehors de la Constitution".
Le porte-parole parlementaire du Parti socialiste espagnol (PSOE), José Antonio Alonso, a été plus clair en annonçant que le gouvernement allait présenter un recours devant le Tribunal constitutionnel contre ce plan "très clairement anticonstitutionnel". (belga)


