M. Chastel a confirmé l'engagement de la Belgique d'annuler 80% de la dette publique bilatérale, qui remonte au régime de Saddam Hussein, renversé en 2003 par la coalition dirigée par les Etats-Unis.
La Belgique s'est engagée à annuler d'ici la fin de l'année 80% de la dette publique irakienne bilatérale, a indiqué jeudi le secrétaire d'Etat belge aux Affaires étrangères, Olivier Chastel, lors d'une conférence internationale à Stockholm.
Cette annulation de la dette - contractée par l'ex-dictateur Saddam Hussein envers la Belgique - représente 260 millions d'euros, sur un total de 323 millions d'euros, a-t-il précisé, comme en écho à la demande formulée par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki à l'ouverture de cette conférence dite de suivi du Contrat international d'objectifs pour l'Irak (ICI).
"L'Irak n'est pas un pays pauvre. Il possède d'importantes ressources humaines et matérielles, mais les dettes que nous avons héritées du dictateur, menacent le processus de reconstruction", a souligné M. Maliki en ouverture de cette conférence d'une journée. Il a aussi demandé la levée de sanctions datant de l'ère Saddam Hussein.
L'ICI (alias "Compact" en anglais), plan quinquennal visant à renforcer la sécurité et redresser l'économie irakienne, avait été adopté à Charm el-Cheikh (Egypte) en mai 2007 avec la promesse d'annuler environ 30 milliards de dollars de dette.
Selon le gouvernement irakien, le total de la dette due par l'Irak s'élève à 140 milliards de dollars, dont 10 milliards destinés à l'Arabie saoudite et un peu moins au Koweït. Le montant est beaucoup plus important si on y ajoute les intérêts cumulés.
Le département d'Etat (ministère américain des Affaires étrangères) estime pour sa part cette dette à 120 milliards de dollars, dont 66 ont déjà été effacés.
Lors de son intervention à Stockholm, M. Chastel a confirmé l'engagement de la Belgique d'annuler 80% de la dette publique bilatérale, qui remonte au régime de Saddam Hussein, renversé en 2003 par la coalition dirigée par les Etats-Unis - une guerre à laquelle le gouvernement belge s'était farouchement opposé en l'absence d'aval des Nations Unies.
Il a aussi rappelé que la Belgique avait néanmoins déjà déboursé 14 millions d'euros en faveur de la reconstruction de l'Irak, via des canaux bilatéraux et multilatéraux.
En 2007, elle a contribué pour 1,5 million d'euros, via le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR) et dans le cadre de l'appel à contribution inter-agences, pour la fourniture de soins médicaux aux réfugiés irakiens en Syrie et en Jordanie.
La Belgique "continuera aussi à participer à des programmes comme EUJUST-LEX (la mission européenne visant à consolider l'état de droit et le système judiciaire en Irak, en cours depuis 2005)", a ajouté M. Chastel.
En novembre 2005, la Belgique avait ainsi accueilli pendant un mois à Arlon 39 magistrats et officiers de police irakiens. En 2006, la Belgique a contribué financièrement à l'organisation de séminaires pour les stagiaires irakiens et, en 2007, elle a co-organisé et co-accueilli ces séminaires, en partenariat au sein du Benelux.
En 2008, toujours dans le cadre d'un partenariat Benelux, le volet belge de la formation portera sur les techniques d'enquête, avec l'aide de la police fédérale et du SPF Justice.
M. Chastel a souligné que les efforts de la Belgique s'inscrivaient principalement dans le cadre de la recherche d'une position commune de l'ensemble de l'Union européenne envers l'Irak.
Il s'est cependant félicité de développements récents en Irak, comme le vote d'une loi d'aministie, l'engagement du gouvernement de tenir des élections provinciales à l'automne et de lutter contre la corruption - un mal qui ronge toute l'administration irakienne. (belga)


