Le Premier ministre sortant Nikola Gruevski a convoqué ces législatives anticipées après l'échec de la Macédoine à entrer dans l'Otan.
Les Macédoniens votaient dimanche lors de législatives anticipées, un test de maturité politique après une campagne électorale entachée de violents incidents alors que le pays souhaite accélérer son intégration aux institutions euro-atlantiques.
Quelques 1,7 million d'électeurs étaient appelés à choisir parmi 1.540 candidats leurs 120 députés. Les bureaux de vote, ouverts à 07H00 (05H00 GMT) devaient fermer à 19H00 (17H00 GMT). Le scrutin était surveillé par 464 observateurs internationaux et par 5.811 observateurs locaux. Les premiers résultats préliminaires étaient attendus vers 21H00 (19H00 GMT), a indiqué à l'AFP Zoran Tanevski, un responsable de la Commission électorale macédonienne.
Le Premier ministre sortant Nikola Gruevski a convoqué ces législatives anticipées après l'échec de la Macédoine à entrer dans l'Otan en raison d'un veto grec suite au différend entre Athènes et Skopje sur le nom de l'ex-république yougoslave. Le parti de M. Gruevski le VMRO-DPMNE (conservateur), crédité de plus de 30% des intentions de vote, espère atteindre la majorité absolue, afin de mettre en oeuvre les réformes demandées par Bruxelles avant les négociations d'adhésion à l'Union européenne (UE).
Il espère également réduire l'influence du DPA, le Parti démocratique albanais, partenaire du VMRO-DPMNE dans la précédente coalition gouvernementale. La Macédoine est officiellement candidate à l'adhésion à l'UE depuis fin 2005 et son intégration à l'Europe des 27 est cruciale pour son redressement économique alors que le chômage dépasse 35 %. Après de violents incidents pendant la campagne électorale notamment dans l'ouest du pays où les Albanais (25% des quelque 2 millions d'habitants de la Macédoine) sont majoritaires, les autorités ont renforcé les mesures de sécurité et le président Branko Crvenkovski a lancé un appel au calme. "Soyez dignes et responsables et usez de votre droit démocratique", a dit le président.
En Macédoine, les élections ont souvent été marquées par des incidents et ces législatives apparaissent comme un nouveau test de maturité politique. Les missions diplomatiques des Etats-Unis et de l'UE ont rappelé l'importance de l'enjeu en appelant dans un communiqué conjoint à des élections "libres de toute intimidation et en accord avec les normes internationales".
A la faveur du scrutin de dimanche, les deux principaux partis albanais l'Union démocratique pour l'intégration (DUI) et le DPA espèrent l'un comme l'autre faire partie de la prochaine coalition gouvernementale.
En 2001 une rébellion albanaise a mis la Macédoine au bord de la guerre civile. Celle-ci a été évitée grâce aux accords d'Ohrid, signés la même année sous l'impulsion de la communauté internationale. La recherche d'un compromis avec la Grèce sur le nom de la Macédoine sera une des taches prioritaires du gouvernement qui sera formé après les législatives.
Athènes considère que le nom de Macédoine appartient à son patrimoine historique et pourrait, après avoir bloqué l'adhésion à l'OTAN, se dresser sur sa route de l'ex-république yougoslave vers l'UE. Le problème de la reconnaissance du Kosovo sera également un des dossiers délicats du prochain gouvernement, Skopje souhaitant entretenir de bonnes relations aussi bien avec Pristina qu'avec Belgrade qui continue de s'opposer farouchement à l'indépendance son ancienne province. (afp)


