Un chirurgien esthétique jugé pour des dizaines de mutilations

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Par: rédaction
2/06/08 - 12h27

Le procès d'un médecin français accusé d'avoir mutilé des dizaines de personnes lors de lourdes opérations de chirurgie esthétique, parfois sous simple anesthésie locale, s'est ouvert lundi pour quinze jours à Marseille. Le procès doit durer quinze jours, avec 97 plaintes et une quarantaine d'avocats.

Le Dr Michel Maure, 59 ans, est poursuivi pour publicité mensongère, tromperies aggravées, mises en danger d'autrui, blessures involontaires. Il est aussi accusé d'avoir menacé une victime pour qu'elle ne porte pas plainte.

Les enquêteurs ont affirmé que le médecin opérait dans "des locaux sales et mal entretenus" où les patients subissaient "un risque immédiat de mort ou de séquelles gravissimes".

Radié définitivement par le conseil national de l'Ordre des médecins en janvier 2007, il encourt une peine maximale de quatre ans de prison pour des faits commis entre 2000 et 2004.

Durant l'enquête, des dizaines de patients ont décrit les pratiques violentes du Dr Maure qui opérait ses clients, surtout des femmes venues pour des liposuccions ou la pose de prothèses mammaires, sous simple anesthésie locale.

Il opérait dans ce qu'il présentait comme son cabinet médical, installé dans sa clinique interdite depuis 1995.

Des plaignants, en majorité des femmes mais également des hommes, évoquent des douleurs persistantes, des infections, des prothèses mammaires pas adaptées. Plusieurs ont dû subir une chirurgie réparatrice.

Certaines patientes se souviennent du sang coulant sur le siège de leur voiture ou de la graisse suintant trois jours durant. L'une a même évoqué des "tortures".

"Remettez-y du produit, faites-lui fermer sa gueule", a entendu une autre patiente dans la bouche du médecin s'adressant à son assistante, non déclarée.

Le Dr Maure, médecin depuis 1974, affirme lui être "victime d'une cabale et d'un complot. On a voulu éliminer un concurrent", a-t-il déclaré à la presse lundi matin, affirmant: "Il n'y a eu aucune souffrance. Quand on va chez le dentiste, on souffre. C'est pareil". (afp)

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