Le cerveau présumé du 11 Septembre veut mourir en martyr

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Par: rédaction
6/06/08 - 09h09
Cheikh Mohammed.
Ali Abd al-Aziz Ali.

Plusieurs des cinq accusés du 11 Septembre, dont le "cerveau" présumé des attentats, Khaled Cheikh Mohammed, ont annoncé jeudi lors de leur première présentation devant un juge à Guantanamo qu'ils souhaitaient la peine de mort pour devenir martyrs.

Les cinq hommes, qui apparaissaient pour la première fois en public après avoir passé des années dans les prisons secrètes de la CIA, étaient tous présents à cette audience destinée à leur signifier leurs chefs d'inculpation, pour lesquels ils risquent la peine de mort.

En martyr
Le premier invité à s'exprimer, Khaled Cheikh Mohammed, considéré comme le "cerveau" des attentats de 2001, s'est levé solennellement et a commencé à psalmodier des versets du Coran, interrompant par moments son chant pour le traduire en anglais: "Dieu est tout suffisant pour moi, il n'y a pas d'autre dieu que Lui, en Lui je mets ma confiance".

Invité par le juge militaire Ralph Kohlmann à dire s'il acceptait l'aide des avocats civils et militaires commis d'office, Khaled Cheikh Mohammed a refusé: "je vais assurer ma défense". Et quand le juge lui a rappelé qu'il risquait la peine capitale, il a répondu: "C'est ce que je veux, cela fait longtemps que je veux être un martyr".

Peu après, Wallid ben Attash a montré la même résolution: "Je ne veux personne pour me représenter. Je vais assurer seul ma défense (...). Vous avez tué mon frère, qui était plus jeune que moi, pendant la guerre, et c'est mon désir d'être entre vos mains". En début d'après-midi, Ramzi ben al-Shaiba a lui aussi rejeté ses avocats et exprimé le même souhait: "J'ai cherché le martyre depuis cinq ans. J'ai essayé d'obtenir un visa pour participer au 11 Septembre, mais je n'ai pas pu. Si ce martyre arrive, je l'accueille, Dieu est grand".

Justice
Le quatrième accusé, Ali Abd al-Aziz Ali, a lui aussi annoncé qu'il souhaitait assurer seul sa défense, estimant que ses avocats n'étaient invités que "pour faire décoration" dans un système perverti. Mais contrairement aux trois autres, il a évoqué son éventuelle exécution avec résignation: "s'il n'y a pas de justice, tout peut arriver".

Le dernier accusé, Mustapha al-Hawsawi, devait s'exprimer vers 17H00 (21H00 GMT), après une suspension d'audience pour la prière de l'après-midi. Les cinq hommes, arrêtés entre 2002 et 2003 et transférés à Guantanamo en 2006, sont poursuivis pour complot, meurtre, attentat, dommages corporels graves, destruction de propriété, terrorisme et soutien matériel à des actes terroristes.

Pas de confiance
Ils ont passé une partie de l'audience à s'échanger des plaisanteries et des messages. Seul Ramzi ben al-Shaiba, légèrement agité, avait les chevilles attachées au sol par une chaîne. Plusieurs avocats de la défense ont fait valoir que les cinq détenus n'avaient eu que très récemment accès à un avocat et n'étaient pas encore en mesure de dire s'ils leur faisaient confiance.

"Je ne pense pas qu'il puisse faire un choix intelligent", a déclaré Thomas Durkin, avocat de M. ben al-Shaiba, pendant que son client plaisantait avec un autre accusé. "Je sais qu'ils sont très qualifiés, ils sont la meilleure équipe à ce qu'ils m'ont dit, mais le problème est leur président George W. Bush", a souligné Khaled Cheikh Mohammed, qui s'exprimait d'une voix ferme.

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