Des perquisitions au siège de la DGSE (services de renseignements extérieurs français) et au cabinet de l'avocat de l'ancien président français Jacques Chirac ont été effectuées dans le cadre de l'affaire de son présumé compte bancaire au Japon, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.
Mercredi, une perquisition a été menée à la DGSE, a-t-on appris vendredi de source proche de la DGSE.
"Les juges se sont présentés mercredi à la DGSE, ils ont demandé un certain nombre de documents. Ces documents leur ont été présentés, ils ont été placés sous scellés et sont restés à la DGSE. Ils seront éventuellement déclassifiés ultérieurement", a précisé cette source à l'AFP.
Vendredi, une perquisition a été menée au cabinet parisien de l'avocat de M. Chirac, Me Jean Veil, par un juge basé en Polynésie enquêtant sur la disparition en 1997 d'un journaliste de Tahiti qui enquêtait sur le compte japonais présumé.
Une lettre de la banque japonaise Tokyo Sowa dans laquelle celle-ci assure que M. Chirac ne détient pas de compte a été mise sous scellés et envoyée à Papeete, a indiqué Me Veil.
Le journaliste français Jean-Pascal Couraud enquêtait sur d'éventuels transferts de fonds entre une grosse entreprise de Polynésie française et un compte qui aurait été détenu par Jacques Chirac, quand il a disparu dans des conditions mystérieuses le 15 décembre 1997.
Après la disparition du journaliste, le tribunal de Papeete avait d'abord conclu au suicide et prononcé un non-lieu en octobre 2002. Mais l'enquête avait été rouverte en 2004 après un nouveau témoignage.
En décembre 2004, la famille du journaliste a déposé plainte contre X avec constitution de partie civile pour assassinat et complicité.
En mai 2006, Jacques Chirac avait démenti "catégoriquement" avoir jamais possédé un compte au Japon, estimant que ces "allégations" étaient "à rattacher à une campagne de calomnies" lancée avant la présidentielle de 2002.
Une enquête du général Philippe Rondot, conseiller pour le renseignement et les opérations spéciales et témoin clef de l'affaire des faux listing Clearstream, avait conclu que des fonctionnaires de la DGSE, agissant hors du cadre hiérarchique, avaient "probablement" tenté en 2002 de "monter un dossier contre le président de la République à quelques semaines de la présidentielle", avait affirmé son avocat, Me Eric Morain.
L'ancien président de la République avait fait procéder au Japon, en février 2008, à des vérifications afin d'établir qu'il n'avait jamais disposé de compte dans une banque nippone et ainsi mettre fin aux rumeurs. (afp)


