Laura Bush et le président afghan Hamid Karzai.
La Première Dame des Etats-Unis a notamment visité un centre de formation de policiers.
La Première Dame des Etats-Unis, Laura Bush, est arrivée ce dimanche en Afghanistan pour une visite surprise qui a débuté avec un déplacement dans la vallée de Bamiyan, où se dressaient les statues géantes de deux Bouddhas détruites par les talibans il y a sept ans.
A peine arrivée à Kaboul, Laura Bush s'est envolée pour Bamiyan, à une centaine de kilomètres à l'ouest de Kaboul, où elle a rencontré des responsables locaux et des soldats de la force de l'Otan chargée de la sécurité dans le pays, a-t-on appris de source officielle. Mme Bush doit également visiter un centre de formation de policiers et un orphelinat en construction, a ajouté cette source qui a requis l'anonymat.
En mars 2001, des centaines de talibans venus de tout le pays s'étaient acharnés à détruire à l'explosif les deux gigantesques bouddhas taillés dans la falaise et vieux de 1.500 ans de Bamiyan, images de cette fusion unique entre l'art de l'Inde classique, de l'Asie centrale et de l'hellénisme introduit par les armées d'Alexandre le Grand. Quelques mois plus tard, le régime des talibans était renversé, pour avoir refusé de livrer les chefs d'Al-Qaïda responsables des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Laura Bush, qui est régulièrement intervenue pour soutenir la cause des femmes en Afghanistan, est venue réaffirmer l'engagement de Washington dans le pays, à quelques jours de la conférence internationale de Paris sur le développement et la reconstruction de l'Afghanistan. Elle doit rencontrer plus tard dans la journée le président Hamid Karzaï, dans cette troisième visite dans le pays, en première ligne dans la "guerre contre le terrorisme" engagée par les Etats-Unis.
Habituellement discrète sur les questions internationales, la femme du président américain, 60 ans, ex-institutrice et bibliothécaire, a délaissé son image d'épouse modèle un peu effacée pour intervenir de plus en plus sur la scène diplomatique. "Les signes de progrès en Afghanistan sont réconfortants, mais il y a encore beaucoup à faire", avait-elle déclaré en avril, lors d'une téléconférence avec des étudiants de l'université de Kaboul et le président Karzaï.
Cette nouvelle visite survient quatre jours avant l'ouverture à Paris de la conférence internationale sur l'Afghanistan, où Kaboul va présenter un plan de développement et de reconstruction d'un budget de 50,1 milliards de dollars à ses donateurs.
Samedi, le quotidien américain New York Times a fait état dans un article de la frustration de l'administration américaine à l'égard de l'incapacité du président Karzaï, un allié clé des Etats-Unis, à relever les défis auxquels l'Afghanistan est confronté, en particulier la corruption et le trafic de drogue. Près de 93% de l'opium mondial est produit en Afghanistan, selon les Nations Unies. "Le président Bush apprécie le travail qu'Hamid Karzaï effectue en Afghanistan, mais nous savons tous qu'il y a encore davantage à faire", a répondu un porte-parole de la Maison Blanche, Gordon Johndroe.
Les talibans ont lancé une insurrection meurtrière depuis qu'ils ont été chassés du pouvoir à la fin 2001 par une coalition internationale emmenée par les Etats-Unis. Les violences ont redoublé d'intensité depuis près de deux ans, malgré la présence de 70.000 soldats de deux forces multinationales, l'une de l'Otan, l'autre sous commandement américain. Quelque 8.000 personnes, dont 1.500 civils, ont été tuées dans des violences en 2007, l'année la plus meurtrière dans le pays depuis 2001, selon les Nations Unies. (belga)


