Jean-Claude Juncker appelle l'Irlande à ratifier le traité de l'UE
Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois.
Le Premier ministre luxembourgeois Jean-Claude Juncker a appelé mardi les Irlandais à ratifier le nouveau traité de l'Union européenne, en votant Oui au référendum organisé dans leur pays jeudi.
"Le traité de Lisbonne est bon pour l'Irlande et bon pour l'Europe", a affirmé M. Juncker, dans un point de presse avec son homologue polonais Donald Tusk à Varsovie. "Je ne suis pas Irlandais, je suis Luxembourgeois et donc Européen et donc un peu Irlandais", s'est justifié M. Juncker pour prévenir toute accusation d'ingérence dans un scrutin national. "Nous espérons que le peuple irlandais va voter oui jeudi prochain", a-t-il ajouté.
"Nous sommes modérément optimistes mais nous suivrons les résultats avec espoir et inquiétude", s'est borné à dire Donald Tusk.
Jean-Claude Juncker a expliqué que la montée du Non dans les sondages en Irlande est à mettre au compte de la complexité des affaires européennes mais aussi du manque de pédagogie des dirigeants de l'UE.
"Nombreux sont ceux de nos concitoyens qui n'arrivent pas à assimiler tout ce que nous devons faire et tout ce que nous faisons en Europe", a dit Jean-Claude Juncker. "Les choses européennes sont devenues très compliquées et nous utilisons un vocabulaire qui n'est plus compris. Je crois que nous devrions nous appliquer à parler la langue de ceux que nous gouvernons", a-t-il ajouté.
Il a appelé l'Europe à tourner rapidement la page de la réforme des institutions de l'UE, que le traité a essayé de résoudre après dix ans de débats dans l'UE. Il a souligné que les Européens préféraient parler des prix pétroliers et des prix alimentaires. "Il faut parler des conditions de vie quotidienne des Européens et non pas des problèmes quotidiens des hommes politiques qui dirigent l'Europe", a-t-il dit.
L'Irlande est le seul des 27 pays de l'UE à être tenu, par sa Constitution, à organiser un scrutin pour ratifier le traité européen. Les autres nations ont choisi une ratification parlementaire. Un sondage publié vendredi a provoqué un vent de panique en Irlande et dans le reste de l'UE, en donnant pour la première fois le "non" en tête (35% contre 30% au "oui"). (belga/7sur7)